Le président du Centre international des réflexions d’études sur le Sahel, a peint un tableau sombre des deux ans de pouvoir du général Tiani, tant sur le plan sécuritaire qu’en matière de la gouvernance. Le mercredi 26 juillet 2023, le général Abdourahamane Tiani avait renversé le président Mohamed Bazoum, avec la promesse de restaurer la sécurité, la souveraineté du Niger.
Deux ans plus tard, le pays est fragilisé, 1480 soldats ont été tués et une économie exsangue avec un taux d’inflation record. C’est en substance le bilan d’une gouvernance bien moins reluisante menée par la junte militaire dressé par l'invité au cours de cette émission.
Dans sa litanie de ce qui n’a visiblement pas bien tourné en deux ans de gouvernance sous Tiani, Seidik Abba souligne sur France 24 que politiquement la junte a dissout les partis et a durci la répression, avec un Niger qui a rompu avec la CEDEAO.
Quel scénario s’offre au Niger ? Peut-il sortir de l’impasse ?
Sidi Kaba, l’invité de France 24 a martelé que toutes solutions à la crise politique au Niger passent absolument par la libération de Bazoum, puisqu'il ne s’agit pas selon lui, d’un dossier judiciaire.
Il rappelle que le 14 juin 2024, l’immunité du président Bazoum a été levée et son dossier a été judiciarisé. Sauf que depuis 2024, il n’y a eu aucun acte judiciaire. Seidik Abba tire donc la conclusion selon laquelle la détention de Mohamed Bazoum a été « totalement arbitraire ».
Des appels infructueux à la libération de Bazoum, il a rappelé celui de la Commission des droits de l’homme des Nations Unies et bien d’autres instances.
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L’invité de l’émission : « Quel bilan pour la junte militaire, deux ans après le coup d’Etat au Niger ? », a évoqué les conditions de détention de Mohamed Bazoum.
« Détenu avec sa femme depuis deux ans, le président Bazoum reste détenu dans des conditions très spartiates. Il partage avec son épouse (…) un petit périmètre de deux chambres avec une petite cour où il fait ses va-et-vient. Cette détention n’honore ni le Niger, ni ceux qui le détiennent dans ces conditions », rappelle l’écrivain qui se désole des conditions de détention de l’ex chef d’Etat.
Les promesses des militaires au moment du coup d’Etat n’ont pas été tenues
La promesse des militaires avait été de restaurer la stabilité dans le pays, souligne Seidik Abba. Deux ans après, le moins qu’on puisse dire, c’est que la promesse n'est pas tenue, que les mêmes situations s’aggravent sur le terrain, s’indigne Seidik Abba.
Il pense que cette situation confirme la dénonciation faite déjà au moment du coup d’Etat, « que le coup d’Etat était un coup d’Etat de convenance, qu’il n’y avait aucune raison de faire ce coup d’Etat ».
Pour Seidik Abba, les deux raisons qui ont été avancées sur le plan sécuritaire et de la gouvernance ne sont pas au rendez-vous aujourd’hui. Pour étayer son argument, il se réfère aux chiffres donnés par le journaliste, en ces termes. « Vous avez rappelé en début d’émission qu’il y avait eu 1480 soldats qui ont été tués. Ce qui est factuel et indiscutable », soutient l’invité.
« Le nombre d’incidents de sécurité a augmenté par rapport à la période avant le coup d'État. Le nombre de décès par incident a augmenté par rapport à avant le coup d’Etat. La période du président Bazoum, le plus grand acte qui a à été posé avec les terroristes avait coûté la mort à dix soldats », souligne l'invité.
Aujourd’hui, compare le journaliste nigérien, « régulièrement, nous avons 50 morts, 60 morts ; sur ce plan sécuritaire, la réponse n’a pas été au rendez-vous. Sur le plan d’ailleurs du deuxième argument, celui de la gouvernance, même la création de la Commission de lutte contre la délinquance économique et financière n’a donné des résultats », regrette l’invité de France 24.
Sur le bilan de deux ans de gouvernance sous Tiani, le « Niger fait face à une inflation record », malgré une croissance tirée par le pétrole. C'est pourquoi Seidik Abba indique que « l’héritage du président Bazoum a été totalement gaspillé, parce qu’il aurait créé les conditions pour que le pays passe de 28 mille barils de production à 130 mille barils ».
A travers un appel lancé à toutes les instances à même de sortir le Niger de l’impasse, Seidik Abba soutient que l’avenir du pays passe absolument par la libération de Mohamed Bazoum, si on veut que le Niger ait un avenir économique et politique.
