La dette publique des pays de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) se situe en moyenne entre 60 % et 63 % du PIB, en deçà du seuil communautaire de 70 %, a rassuré mercredi le Gouverneur de la Banque Centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO), Jean-Claude Kassi Brou.

« La dette a augmenté, mais nous ne sommes pas dans une situation difficile », a-t-il déclaré à l'issue de la réunion ordinaire du Comité de politique monétaire (CPM) tenue à Dakar. Toutefois, le gouverneur Brou a appelé mardi mercredi 17 septembre 2025 à la prudence face à la montée des ratios d'endettement, qui accroît le poids du service de la dette et réduit les marges budgétaires des États pour financer les secteurs sociaux et les infrastructures.

Sur le cas du Sénégal, dont la dette a été réévaluée à 118 % du PIB après audits, le Gouverneur a salué la transparence des autorités et encouragé la poursuite des mesures correctives engagées, notamment dans le cadre des discussions en cours avec le Fonds monétaire international (FMI). « Finaliser rapidement un nouveau programme avec le FMI est crucial pour soutenir les réformes et restaurer la confiance », a-t-il insisté.

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Malgré ces pressions, les États de l'Union parviennent à mobiliser des ressources importantes sur le marché financier régional. Sur les sept premiers mois de 2025, plus de 9 000 milliards FCFA ont été levés par adjudication, signe d'un marché « profond et liquide », selon M. Brou. Toutefois, il a reconnu des écarts notables dans les rendements, certains pays empruntant autour de 6 % tandis que d'autres doivent offrir des taux supérieurs à 9 %, reflet de « primes de risque différenciées selon la qualité de signature des États ».

Sur le plan économique, la croissance de l'UEMOA est attendue à 6,3 % en 2025, soutenue par la consommation intérieure et les investissements, tandis que l'inflation devrait reculer à 1,2 % grâce à une bonne campagne agricole et à la baisse des prix des produits importés. Cependant, la BCEAO met en garde contre les risques liés à la sécurité régionale, au changement climatique et aux tensions géopolitiques internationales.