D’après les chiffres de l’Observatoire du commerce, de l’industrie et des services (OCIS), le paysage entrepreneurial reste dominé par les entreprises individuelles, qui représentent environ 90 % des immatriculations. Autre fait marquant : la forte implication des jeunes et des femmes dans la dynamique de création. Les personnes âgées de 21 à 45 ans concentrent à elles seules près de 85 % des nouvelles entreprises, un chiffre en ligne avec les trimestres précédents. Les femmes, quant à elles, continuent de gagner du terrain. D’après les données de l’Agence pour la promotion des investissements et des exportations (APIEX), le nombre d’entreprises dirigées par des femmes est passé de 5 509 au deuxième trimestre à 5 657 au troisième, portant leur part à 38 %, soit une progression de 3 points.  

Une dynamique vers la formalisation et la diversification économique

Au-delà des statistiques, cette vitalité selon l’OCIS traduit une volonté croissante de sortir de l’économie informelle et de participer activement à la transformation économique du pays. Ce mouvement s’inscrit dans les grandes orientations stratégiques du gouvernement, qui encourage l’auto-emploi, soutient les filières de transformation locale et favorise l’innovation. Parmi les secteurs les plus prisés figurent le numérique, les services aux entreprises, la logistique, ainsi que les unités industrielles de petite taille, notamment dans la transformation agroalimentaire. Une diversification qui selon l’observatoire confirme que l’économie béninoise s’émancipe progressivement de sa dépendance aux secteurs agricoles et commerciaux traditionnels. Reste à relever les défis d’accès au financement, de formation entrepreneuriale et de consolidation des jeunes entreprises pour que cette dynamique ne soit pas éphémère, mais structurelle. 

Une concentration urbaine à encadrer pour un impact économique durable

Le département de l’Atlantique arrive en tête avec environ 31 % des nouvelles immatriculations, suivi du Littoral (20 %) et de l’Ouémé (16 %), confirmant la concentration des activités économiques autour des grands centres urbains du pays. Ce constat reflète une urbanisation à dominante économique et souligne la nécessité de politiques ciblées en matière d’infrastructures, de logistique et de renforcement des compétences pour amplifier les opportunités locales. Pour que cet élan entrepreneurial devienne un véritable levier de transformation, plusieurs défis doivent être relevés selon l’OCIS. Il s’agit notamment de faciliter l’accès au financement pour les jeunes porteurs de projets, d’encourager la formalisation des entreprises, de renforcer leurs capacités de gestion et d’innovation, et de les intégrer à des chaînes de valeur élargies. Il importe également de prévenir la saturation de secteurs peu compétitifs, tout en s’assurant que cette croissance favorise la création d’emplois décents et pérennes.