« Une crise de la dette se mesure à travers plusieurs indicateurs », explique Mbadinga Madiya. « D’abord le rapport entre la dette publique et le PIB, dont la norme africaine est fixée autour de 70 %, et ensuite le poids du service de la dette dans les recettes budgétaires ». L’histoire récente du continent illustre la vulnérabilité de ses économies après le choc pétrolier de 1973, les crises des années 1980, la crise asiatique de 1997, la crise financière mondiale de 2008 et la pandémie de Covid-19 en 2020, les pays africains se retrouvent à nouveau fragilisés par des chocs extérieurs. « Aujourd’hui, plus d’une trentaine de pays sont à la lisière d’une nouvelle crise », alerte l’économiste.
EconomiePublié le 27 février 2026 à 06h38, modifié le 11 octobre 2026 à 23h45
Crise de la dette en Afrique : l’économiste Hugues Mbadinga Madiya met en lumière la clé pour sortir du gouffre
Le continent africain demeure pris au piège d’un cycle récurrent de crises de la dette malgré des taux de croissance souvent supérieurs à 4 %. Entre chocs extérieurs répétés et architecture financière internationale inadaptée, la solution à long terme réside dans une industrialisation patiente fondée sur la transformation locale des matières premières et la création de valeur ajoutée, selon l’économiste gabonais Hugues Mbadinga Madiya qui répondait aux questions de nos confrères de RFI.
RédactionKOUDJENOUME Marcus
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Même avec une croissance soutenue, la pression de la dette persiste. « La crise du Covid-19 a provoqué un double choc, sur l’offre et sur la demande, créant à la fois des déficits budgétaires et extérieurs, et entraînant un recours massif à l’endettement », détaille Mbadinga Madiya. Si des instruments internationaux comme les moratoires ou les financements d’urgence ont apporté un soulagement ponctuel, « ils se sont accompagnés d’un alourdissement du stock de dette », insiste l’économiste. Selon lui, la croissance seule ne suffit donc pas à desserrer l’étau de l’endettement.
« Ces stratégies produisent des résultats, mais elles s’inscrivent dans le temps long », note l’économiste. Elles supposent des investissements dans la formation, l’énergie, les infrastructures et un cadre réglementaire stable et cohérent.
Journaliste
KOUDJENOUME Marcus
Journaliste passionné par l'actualité politique et judiciaire au Bénin. Reporteur pour Libre Express.