Le Ghana veut remettre son industrie textile au cœur de sa stratégie de transformation économique. Pour relancer Volta Star Textiles Limited, une usine emblématique située à Juapong, dans la région de la Volta, les autorités ghanéennes envisagent de s’appuyer sur le coton béninois afin de garantir un approvisionnement régulier en matière première.
L’annonce a été faite par le président ghanéen John Dramani Mahama lors de sa tournée nationale « Resetting Ghana Agenda Tour ». Le chef de l’État a indiqué que son gouvernement travaillait à la conclusion d’un protocole d’accord avec le Bénin pour fournir du coton destiné à alimenter l’usine.
« Des dispositions sont en cours pour signer un protocole d'accord avec le gouvernement du Bénin afin de nous fournir du coton pour alimenter l'usine au Ghana », a déclaré John Dramani Mahama, selon des médias ghanéens, notamment MyJoyOnline.
Une usine historique à remettre en activité
Volta Star Textiles Limited figure parmi les anciennes unités industrielles qui ont contribué au développement du secteur textile ghanéen. Implantée à Juapong, cette usine a longtemps participé à la transformation du coton avant de suspendre ses activités, confrontée à plusieurs difficultés, notamment le manque d’investissements et les contraintes liées à l’approvisionnement.
Sa relance constitue aujourd’hui un enjeu important pour le gouvernement ghanéen, qui souhaite reconstruire une chaîne de valeur textile capable de relier la production agricole, la transformation industrielle et la commercialisation des produits finis.
Pourquoi le Ghana mise sur le coton béninois
Le choix du Bénin comme fournisseur potentiel de coton répond d’abord à un impératif industriel : garantir une disponibilité suffisante de matière première pour permettre à l’usine de redémarrer ses activités.
Le Bénin est l’un des principaux producteurs de coton en Afrique de l’Ouest. Cette filière représente un secteur stratégique de son économie et constitue l’un de ses principaux produits d’exportation.
En se tournant vers son voisin béninois, le Ghana cherche donc à sécuriser son approvisionnement tout en travaillant parallèlement au renforcement de sa propre production cotonnière.
Cette coopération illustre également une tendance plus large en Afrique de l’Ouest : celle d’une volonté croissante de transformer localement les ressources agricoles afin de créer davantage de valeur ajoutée et d’emplois sur le continent.
Un investisseur stratégique pour moderniser l’usine
La question du coton n’est qu’un volet du projet de relance de Volta Star Textiles. John Dramani Mahama a également annoncé qu’un investisseur stratégique avait été sélectionné pour accompagner la modernisation de l’usine.
Selon les informations communiquées par la présidence ghanéenne, le gouvernement travaille avec les acteurs concernés pour finaliser les modalités de ce partenariat et permettre la réhabilitation des installations industrielles.
L’ambition affichée est de transformer l’ancienne unité de Juapong en une usine moderne capable de contribuer durablement au développement du secteur textile ghanéen.
Une coopération économique entre Accra et Cotonou
Au-delà de l’approvisionnement en coton, ce projet pourrait renforcer les relations économiques entre le Ghana et le Bénin. Les deux pays disposent d’atouts complémentaires : le Bénin possède une importante production de coton, tandis que le Ghana cherche à développer davantage ses capacités industrielles de transformation.
Cette complémentarité pourrait favoriser une meilleure intégration des chaînes de valeur en Afrique de l’Ouest, dans un contexte où plusieurs États africains encouragent désormais la transformation locale des matières premières.
Créer des emplois et redynamiser Juapong
Pour les autorités ghanéennes, la reprise des activités de Volta Star Textiles représente un enjeu économique et social majeur. Le projet doit permettre de créer des emplois, de stimuler l’économie locale de Juapong et de renforcer la place du Ghana dans l’industrie textile africaine.
À travers cette initiative, le gouvernement de John Dramani Mahama entend faire de la relance industrielle un levier de développement, tout en misant sur des partenariats régionaux pour renforcer la compétitivité de son économie.
