Derrière chaque décision prise au niveau communautaire se pose un défi majeur : sa traduction effective dans les politiques nationales. C’est précisément l’objectif de la revue annuelle des réformes, politiques, programmes et projets communautaires de l’UEMOA, dont la phase politique s’est tenue ce jeudi 23 juillet 2026 à Cotonou.
Cette rencontre fait suite à la phase technique organisée du 5 au 7 novembre 2025. Elle a réuni les responsables de la Commission de l’UEMOA et plusieurs membres du gouvernement béninois pour examiner le niveau d’application des engagements communautaires au Bénin et identifier les principaux défis qui demeurent.

Organisée dans l’ensemble des États membres de l’Union, cette revue constitue un cadre d’évaluation permettant de mesurer la capacité des pays à intégrer dans leurs dispositifs nationaux les décisions adoptées par les instances communautaires. Elle porte notamment sur la transposition des textes issus de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement ainsi que du Conseil des ministres de l’UEMOA.
145 réformes évaluées dans trois domaines majeurs
Présidant les travaux, le président de la Commission de l’UEMOA, Abdoulaye Diop, a expliqué que cette revue annuelle vise avant tout à apprécier le niveau d’application des textes communautaires dans chaque État membre.

Le ministre des Finances, Aristide Mèdenou
Selon lui, l’exercice permet de vérifier dans quelle mesure les décisions adoptées par les organes de l’Union sont effectivement intégrées dans les législations et politiques nationales. « La finalité, en ce qui concerne les réformes politiques, c’est de voir dans quelle mesure les textes qui ont été adoptés par nos organes, en particulier le Conseil des ministres et la Conférence des États, sont bien appliqués dans les États membres de notre Union », a-t-il expliqué.
Pour l’édition consacrée aux résultats de l’année 2025, l’évaluation a porté sur 145 réformes communautaires, contre 132 en 2024. Les analyses ont concerné trois principales composantes : la gouvernance économique et la convergence, le marché commun et les politiques sectorielles. À l’issue des travaux, le Bénin affiche un taux de réalisation de 73 %. Un résultat qui traduit, selon la Commission de l’UEMOA, les efforts accomplis par les autorités béninoises dans la mise en œuvre des engagements communautaires.
Abdoulaye Diop a toutefois souligné que les performances restent variables selon les domaines. Si certaines réformes enregistrent des résultats jugés satisfaisants, d’autres nécessitent encore des actions supplémentaires pour atteindre les objectifs fixés par l’Union.

Le président de la Commission a salué l’implication des autorités béninoises, notamment la participation des ministres concernés aux échanges. Il a relevé des engagements forts de la part du gouvernement pour accélérer les réformes qui restent à consolider. « Il y a des domaines dans lesquels nous avons des résultats très satisfaisants. Il y en a d’autres où nous attendons des efforts des États », a-t-il indiqué, estimant que les recommandations formulées au terme de la revue devraient permettre d’améliorer davantage les performances du Bénin lors des prochaines évaluations.
Le suivi des textes communautaires au cœur de la performance béninoise
Du côté du gouvernement béninois, le ministre de l’Économie et des Finances, Aristide Médénou, a attribué cette performance à plusieurs facteurs, notamment le mécanisme de suivi mis en place autour des textes communautaires et l’engagement des autorités à respecter les obligations liées à l’appartenance du Bénin à l’UEMOA.
Pour le ministre, l’intégration régionale ne peut produire des résultats concrets que lorsque les décisions prises au niveau communautaire sont effectivement appliquées dans les États membres. « Nous sommes dans une union. Et l’union n’a de sens que lorsque nous marchons ensemble », a-t-il déclaré, rappelant que les règlements et directives adoptés par l’UEMOA visent à harmoniser les politiques publiques des différents pays membres.
Aristide Médénou a expliqué que l’amélioration des performances du Bénin repose d’abord sur un dispositif permanent de suivi des textes communautaires. À cela s’ajoute, selon lui, une volonté politique de faire de l’intégration économique régionale une réalité. « Notre soutien à cette union se traduit par la transposition des dispositions communautaires au plan national », a-t-il affirmé.
Des défis encore présents malgré les avancées
Si les résultats obtenus témoignent des progrès accomplis, le ministre de l’Économie et des Finances a reconnu que certaines difficultés persistent dans le processus de transposition des textes communautaires. Il a estimé que l’intérêt majeur de cette revue réside justement dans la possibilité offerte aux États et à la Commission de l’UEMOA d’échanger sur les obstacles rencontrés et de rechercher ensemble des solutions adaptées.
Plusieurs ministres sectoriels ont ainsi participé aux discussions afin de présenter les contraintes propres à leurs domaines respectifs. Pour Aristide Médénou, ces échanges francs doivent permettre de renforcer la coordination entre les différentes administrations et d’améliorer les résultats futurs.
Le ministre a également insisté sur le caractère collectif de la performance enregistrée. Selon lui, les progrès réalisés ne sont pas liés à l’action d’un seul département ministériel, mais résultent du travail conjoint de l’ensemble des structures impliquées dans l’application des réformes communautaires. « Le progrès a été collectif. Nous avons travaillé ensemble, nous avons enregistré un progrès collectif », a-t-il soutenu.
À travers cette 11ᵉ revue annuelle, le Bénin confirme ainsi ses efforts dans la mise en œuvre des réformes de l’UEMOA. Les autorités béninoises entendent poursuivre cette dynamique afin de renforcer l’intégration économique régionale et de faire en sorte que les décisions communautaires produisent davantage d’effets concrets au bénéfice des populations.
