Elle avait trouvé un nouveau logement, préparait son déménagement et espérait offrir à ses enfants un avenir plus serein. Mais ce projet de reconstruction s'est brutalement arrêté dans la nuit du 11 au 12 juin 2026.

Vicinthe Massamba, aide-soignante de 41 ans et mère de quatre enfants, a été mortellement blessée à l'arme blanche à son domicile de Suèvres, dans le Loir-et-Cher, près de Blois. Selon les premiers éléments de l'enquête, le drame s'est produit dans un contexte de séparation conjugale particulièrement tendu.

Peu après minuit, la fille aînée du couple a alerté les gendarmes, affirmant que son père venait de porter plusieurs coups de couteau à sa mère. À leur arrivée, les forces de l'ordre découvrent les quatre enfants, âgés de 4 à 16 ans, réfugiés dans une chambre à l'étage. Leur mère, grièvement blessée, est prise en charge par les secours mais succombe à ses blessures. Son décès est officiellement constaté à 1 h 38.

Une femme qui préparait son départ

Selon plusieurs témoignages rapportés dans le cadre de l'affaire, le mariage entre Vicinthe Massamba et Cédric Salabiakou, âgé de 51 ans, traversait une profonde crise depuis plusieurs années.

Des proches décrivent une relation marquée par des tensions répétées. Ils affirment que l'époux multipliait les infidélités et les humiliations, répétant à son épouse qu'elle ne retrouverait jamais un autre homme comme lui et l'invitant à quitter le foyer si elle n'était pas satisfaite de sa situation.

Après des années à tenter de préserver son foyer, Vicinthe Massamba aurait finalement pris la décision de mettre un terme à cette relation. Elle avait engagé une procédure de divorce et préparait activement son départ.

La quadragénaire avait trouvé un nouvel appartement et y transférait progressivement ses affaires. Selon plusieurs témoignages, afin d'échapper au climat devenu pesant au sein du domicile familial en attendant son déménagement définitif, elle dormait même dans le garage de la maison.

Les enquêteurs indiquent que la victime était sur le point de prendre possession d'un logement social où elle comptait s'installer avec ses enfants.

Des violences déjà signalées

Le drame intervient alors qu'une enquête pour violences au sein du couple était déjà en cours depuis février 2026 à la suite d'un signalement effectué par l'aide sociale à l'enfance.

Quelques semaines auparavant, Vicinthe Massamba avait également déposé une plainte dans laquelle elle dénonçait des violences physiques et psychologiques. Ces procédures étaient toujours en cours au moment des faits.

Selon le procureur de la République de Blois, les premiers éléments recueillis par les enquêteurs mettent en évidence un contexte de séparation et de forte jalousie.

Le mari mis en examen pour meurtre sur conjoint

Après les faits, Cédric Salabiakou a quitté les lieux avant d'être retrouvé et interpellé quelques heures plus tard dans le centre-ville de Blois. Hospitalisé dans un premier temps, il a ensuite été placé en garde à vue avant d'être présenté à un juge d'instruction.

À l'issue de cette procédure, il a été mis en examen pour « meurtre sur conjoint » puis placé en détention provisoire.

Lors de ses auditions, le quinquagénaire a reconnu l'existence d'une violente altercation au cours de laquelle des coups de couteau ont été portés. Il affirme toutefois que son épouse serait à l'origine de la dispute et soutient que l'arme utilisée n'était pas initialement en sa possession.

L'autopsie pratiquée sur le corps de la victime a établi que le décès était dû à une plaie pénétrante au niveau du thorax ayant atteint le cœur et provoqué une hémorragie massive.

L'information judiciaire se poursuit afin d'établir avec précision les circonstances de cette tragédie familiale qui laisse quatre enfants privés de leur mère et bouleverse toute une communauté.