Après plusieurs agressions présumées, c’est la parole de l’enfant qui a permis de mettre des mots sur ce qu’elle vivait. L’affaire, présentée par Flore Djinou, secrétaire exécutive de l’Institut national de la femme (INF), dans sa chronique « Les Échos de la CRIET », s’est déroulée à Kandi.
Selon les informations rapportées, Aruna Abbas se rendait régulièrement au domicile de la fillette. Il aurait profité de certaines occasions pour l’isoler dans une chambre et lui imposer des actes sexuels, sous prétexte notamment de lui donner des consignes.
Pendant un temps, l’enfant aurait gardé le silence. La situation a changé après une consultation médicale au cours de laquelle le médecin aurait relevé des signes de violences sexuelles et alerté les parents.
L’enfant raconte enfin ce qu’elle aurait subi
Face aux interrogations de sa famille après l’alerte médicale, la fillette aurait raconté les agressions dont elle disait avoir été victime. Son témoignage a ainsi permis à ses proches de prendre connaissance des faits et d’engager les démarches nécessaires.
L’affaire a ensuite été portée devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET). Le 25 novembre 2025, la juridiction avait condamné l’accusé à sept ans d’emprisonnement, dont cinq ans ferme, ainsi qu’à une amende d’un million de francs CFA. Une indemnisation symbolique d’un franc avait également été accordée à l’INF.
La condamnation a été confirmée en appel pour des faits d’atteinte sexuelle sur une mineure de moins de 13 ans.
La vigilance des adultes mise en avant
Pour Flore Djinou, cette affaire rappelle combien l’écoute et la vigilance des adultes sont essentielles lorsqu’il s’agit de protéger les enfants. « La vigilance des adultes et le courage de parler restent les meilleures protections pour nos enfants », a-t-elle déclaré.
Un changement soudain de comportement, une peur inhabituelle, un repli sur soi ou le refus de certains contacts peuvent notamment inviter les proches à être davantage attentifs. Ces signes ne suffisent toutefois pas à établir une agression, mais peuvent justifier un dialogue adapté et, si nécessaire, le recours à une aide professionnelle.
L’INF avait par ailleurs recensé plus de 1 500 cas de viol au premier trimestre 2025, contre environ 1 117 en 2023 et plus de 2 000 en 2024. Ces chiffres concernent les cas enregistrés et ne reflètent donc pas nécessairement l’ensemble des violences commises.
À travers cette affaire, l’INF insiste sur l’importance de ne pas laisser les victimes seules face aux violences. « Observer, alerter et agir sauvent des vies », rappelle Flore Djinou, avant d’ajouter : « Parler, c’est déjà les protéger. »
