« Ce système innovant donnera aux utilisateurs un moyen simple et sécurisé de prouver qu'ils ont plus de 18 ans, protégeant ainsi les mineurs des contenus potentiellement dangereux » a expliqué ce lundi 14 juillet 2025 Henna Virkkunen, la commissaire européenne chargée des questions technologiques.
 

Basée sur un prototype conçu au niveau européen, l'application sera adaptée par chacun des cinq pays participants afin de correspondre à leurs réglementations nationales respectives en matière d'accès des mineurs à internet. Certains interdisent par exemple l'utilisation des réseaux sociaux aux moins de 12 ans, 13 ans ou 15 ans, nécessitant des paramétrages spécifiques.

Cette initiative répond à une forte demande, notamment en France où la ministre du Numérique, Clara Chappaz, militait pour une vérification de l'âge "au niveau européen" pour accéder aux plateformes en ligne. Le président français, Emmanuel Macron, était même allé jusqu'à menacer d'interdire l'utilisation des réseaux sociaux aux moins de 15 ans si cette mesure n'était pas prise à l'échelle européenne "d'ici quelques mois".

En effet, de nombreuses études ont démontré les effets néfastes des réseaux sociaux sur la santé mentale et physique des jeunes utilisateurs. Face à ces constats préoccupants, les appels à une régulation plus stricte se sont multipliés au sein de l'Union européenne, qui dispose pourtant déjà d'un arsenal législatif parmi les plus ambitieux au monde pour encadrer les géants du numérique.

LIRE AUSSI : Piratage en ligne : le FBI met hors service « l’Amazon du cybercrime »
 

En parallèle de ce nouveau dispositif de vérification d'âge, la Commission européenne a également publié des recommandations à destination des réseaux sociaux afin qu'ils améliorent la protection des mineurs sur leurs plateformes. Parmi les mesures préconisées figurent la suppression de fonctionnalités potentiellement addictives, comme les "coches" indiquant la lecture d'un message.

« Il est primordial de veiller à la sécurité et au bien-être de nos enfants et de nos jeunes en ligne. Les plateformes n'ont désormais plus d'excuse pour continuer des pratiques mettant les mineurs en danger », a fermement déclaré la commissaire Henna Virkkunen.

Dans le cadre de son nouveau règlement sur les services numériques, Bruxelles mène par ailleurs des enquêtes approfondies sur plusieurs réseaux sociaux, tels que Facebook, Instagram et TikTok, soupçonnés de ne pas suffisamment protéger les mineurs. La Commission a également ouvert une enquête sur quatre sites pornographiques, accusés de ne pas empêcher l'accès des enfants à leurs contenus pour adultes.

Avec ce nouveau dispositif de vérification d'âge et ces mesures de régulation renforcées, l'Union européenne entend bien placer la protection des mineurs au cœur de ses priorités dans l'ère du numérique.