Les peines de prison risquent d'être lourdes pour les neuf coaccusés poursuivis dans ce dossier de présumé détournement. Les accusés sont poursuivis par le parquet spécial pour des faits de « détournement de deniers publics, d’association de malfaiteurs, de blanchiment de capitaux, de complicité de détournement de deniers publics et de recel de détournement de deniers publics ». Parmi les accusés figure l'ancienne Directrice de la station régionale de l’ex-ORTB Parakou, le Directeur Financier, le chef service achats matériel, des agents comptables de cette structure publique.
L’audience a été exceptionnellement suspendue en janvier 2024 pour des mesures d'instructions complémentaires à la suite des contradictions notées dans les déclarations des accusés. Ces mesures d'instructions complémentaires concernent la vérification et la production des copies des chèques prétendument déposés par le chef de service comptabilité sur les comptes Ecobank, BOA et Orabank de l’ORTB Parakou entre juin 2017 et août 2019. Il s’agit le cas échéant de vérifier si les chèques ont été récupérés par lui auprès des clients de l’ORTB.
À l'ouverture de l'audience ce mercredi 9 juillet 2025, la Cour a procédé à l’enquête patrimoniale des accusés et à la lecture des rapports médicaux-psychiatriques. De l'enquête patrimoniale , il faut noter que tous les accusés disposent entre autres des parcelles, des véhicules ainsi que des maisons construites à hauteur de plusieurs millions de FCFA. Par la suite, la cour a fait lecture des rapports d'expertise psychologiques des prévenus.
De la lecture de ces rapports, il apparaît que les accusés ne présentent pas d'anomalies mentales, ni des caractères de dangerosité. Ils disposent de toutes leurs facultés mentales et sont compatibles à des mesures carcérales.
Après les débats autour des biens des neuf accusés ce mercredi matin, les juges ont procédé à la lecture des rapports psychiatriques. Ces rapports sont tous favorables aux accusés. Suite à une suspension, l'audience a repris autour de 12 heures 40 minutes. C'est le représentant de l'Agent judiciaire de l'État (AJE) qui indique à la Cour qu'il compte se baser sur le rapport de l'inspection générale des finances (IGF)
La SRTB réclame plus de 475 millions FCFA aux accusés
Après l'AJE, c'est les avocats de l'ex-ORTB devenu SRTB qui ont fait leur demande. L'avocate, Me Akpovo a annoncé que la SRTB se constitue partie civile et demande de les condamner solidairement à payer plus de 475 millions FCFA pour toutes causes de préjudices subis. L'Agent judiciaire de l'État, représentant l'État béninois s'est associé à la demande pécuniaire des conseils de la SRTB.
4 à 15 ans de réclusion criminelle requise
Après les demandes de la partie civile, le deuxième substitut du procureur spécial près la CRIET, représentant le ministère public a fait savoir que l’ex-directrice générale de l’antenne régionale de l'ex-ORTB Parakou ainsi que l’ex-directeur financier n'ont pas reconnu les infractions mises à leur charge. Mais, il a déclaré que sept coaccusés ont reconnu une partie des faits.
Ensuite, le Ministère Public a procédé à un rappel des faits. Il a souligné que les faits de malversations ont été révélés au grand public suite à une mission de l’inspection générale des finances (IGF) sur la gestion de cette structure publique entre 2016 et 2020 et a expliqué les manœuvres utilisées par les prévenus. Selon ses explications, les accusés se sont mis d'accord pour asseoir leur mode opératoire, qui consistait à ce que les recettes de Cotonou soient déposées sur des comptes bancaires à Parakou. Ce qui aurait permis de détourner plusieurs centaines de millions FCFA.
Le ministère public a souligné dans ses réquisitions que le rapport de l’IGF a relevé un certain nombre d'irrégularités dont le non-respect des procédures d'acquisition et des opérations bancaires suspectes. À en croire le magistrat, l’ex-directrice régionale de l'ex-ORTB Parakou et son premier responsable auraient participé.
Le parquet spécial de la CRIET a demandé de retenir dans les liens de prévention des faits de détournement de deniers publics, de blanchiment de capitaux et d'associations de malfaiteurs les accusés : Dangou-Zato, Codjia, Gildacio, Essotinma, Tchoukpa, Atinkpahoun et un certain Abel. Il a aussi demandé de retenir pour complicité de détournement de deniers publics, blanchiment de capitaux et d'associations de malfaiteurs l'accusé Elpidio. Le procureur a également demandé de retenir l'accusé Quenum Saka dans les liens de la prévention des faits de recel de détournement de deniers publics et de blanchiment de capitaux.
Pour ces faits, le procureur a requis cinq (5) ans de réclusion criminelle et 5 millions FCFA d'amendes fermes contre l'ancienne Directrice de la station régionale de l'ex-ORTB Parakou. Quinze (15) ans de réclusion criminelle et 10 millions d'amendes fermes ont été requis contre le Directeur Financier, l'accusé Codjia. Contre Quenum Gildacio, ex-agent comptable de l’Ortb Parakou dix (10) ans de réclusion criminelle et dix (10) millions FCFA d'amendes fermes ont été requis.
Le ministère public a requis contre les accusés Tchoukpa, Essotinma cinq ans de réclusion criminelle et 5 millions FCFA d'amendes fermed chacun. Contre les accusés Elpidio, Dah Dagbénon, Atinkpahoun et Saka Quenum, le ministère public a requis 4 ans de réclusion criminelle et 5 millions FCFA d'amendes chacun. Le parquet spécial de la CRIET a demandé à la Cour de recevoir la constitution de partie civile de la SRTB et de l’Agent judiciaire de l’État et de les condamner solidairement à payer plus de 475 millions FCFA pour toute cause de préjudices subis, rapporte l'envoyé spécial de Libre Express.
Les plaidoiries des avocats de la défense sont terminées. Les accusés ont plaidé la clémence de la Cour dans leur dernière prise de parole. L'audience est suspendue.
