Comlan Hugues Sossoukpè ne se considère pas comme un citoyen de nationalité béninoise mais il se revendique du Togo. C'est l'une des lignes de défense choisi par le journaliste devant la juge de la liberté et de la détention de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) ce lundi 14 juillet 2025. 

Dans une interview accordée à Libre Express, Me Barnabé Gbago a livré quelques détails sur les dépositions de Comlan Hugues Sossoukpè. « On a plaidé sa libération, sa liberté provisoire. Mais bon, l'espoir peut être permis. L'espoir peut être permis, mais bon, vous savez, quand on vient à la CRIET pour demander la liberté, il y a très peu de chances que cette liberté soit accordée. On a demandé s'il n'y a pas de liberté, au moins qu'il ait contrôle judiciaire, au moins qu'on le laisse pour qu'il puisse préparer sa défense. Et bon, nous attendons », a déclaré l'avocat. 

Était-il au courant du mandat d'arrêt ? Son avocat a déclaré qu'il ne sait pas si son client était au courant. « Ah, là, je ne sais pas. On n'a pas eu le temps de parler. Vous savez, ça a été très vite. C'est aujourd'hui seulement qu'on l'a vu. On n'a même pas eu le temps de se concerter. Donc, on est partis chacun de son côté. Donc, je ne lui ai pas posé la question. Mais bon, peut-être qu'il le sait, peut-être qu'il ne le sait pas. De toute façon, ils ont changé de méthode, comme vous l'avez vu. Avec Steve Amoussou, c'était une autre stratégie. Et maintenant, avec Hugues Sossoukpè c'est une autre stratégie », a-t-il déclaré. 

Comlan Hugues Sossoukpè revendique sa nationalité togolaise 

À la question de savoir si Hugues Soussoukpè avait un statut de réfugié angolais et ce qu’impliquerait son arrestation. « Il a plutôt dit tout à l'heure qu'il était togolais de nationalité. Voilà, c'est ce qu'il a dit », a répondu l’avocat. 

« Nous ne pouvons pas le contredire. Peut-être qu'étant réfugié, bon, peut-être qu'il a déjà déposé un dossier pour la naturalisation togolaise. Je ne sais pas. Mais il a dit qu'il était togolais, qu'il est togolais. Et c'est compte-tenu de cela que nous avons plaidé. S'il était togolais, ce n'est pas comme ça que la procédure va se présenter. Mais comme c'est le juge de la liberté et de la détention, on ne va pas aller au fond du dossier. On va rester superficiellement sur le dossier. Et c'est seulement devant le juge d'instruction que nous allons au fond du dossier », a détaillé Me Gbago. 

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Selon l'avocat, s'il est togolais comme il a dit, son extradition vers le Bénin ne devrait pas normalement se faire ainsi et que c'est au Togo de demander son extradition. « Il y a des règles pour l'extradition. Mais bon, on n'est pas passé par là. On est parti le chercher directement en Côte d'Ivoire. Enfin, vous le savez. Donc, voilà. C'est une méthode, je dirais, suspecte », a-t-il précisé. 

La chambre des libertés confirme son maintien en détention 

Selon les informations de Libre Express, le ministère public a requis son maintien en détention en attendant la fin de l’instruction. Dans sa décision, la juge de la liberté et de la détention a décidé de maintenir le journaliste. Comlan Hugues Sossoukpè en détention. Le dossier est ensuite renvoyé devant le juge d'instruction. 

Un peu avant 14 heures 30 minutes, le journaliste Comlan Hugues Sossoukpè menottes au poignet a quitté la salle d'audience accompagné de deux policiers. Il est habillé en chaussures de basket, pantalon et gilet de la prison de Ouidah, rapporte l'envoyé spécial de LIbre Express. 

Comlan Hugues Sossoukpè est un journaliste et web-activiste béninois. Il est le promoteur du média en ligne Olofofo, qui a été suspendu par la Haute autorité de l'audiovisuel et de la communication (HAAC) du Bénin. Depuis 2019, Sossoukpè vit en exil au Togo. Sur Facebook, il compte plus de 69 000 abonnés. Il s'est souvent élevé contre les dérives du régime du président Patrice Talon.