On en sait davantage sur les conditions de l’interpellation de Hugues Sossoukpè à Abidjan. Le jeudi 10 juillet  2025, Hugues Comlan Sossoukpè a été interpellé dans son hôtel à Abidjan et extradé aussitôt au Bénin. Selon l'un de ses avocats, Maître Aboubakar Baparapé, quatre hommes en civil se sont présentés à lui, ont affirmé appartenir à la gendarmerie ivoirienne et l'ont interpellé. Il a été immédiatement extradé à Cotonou.

« Comme cela a été dit sur les réseaux sociaux, c'est lui-même (Comlan Hugues Sossoukpè, ndlr) qui l'a dit, il a été interpellé à Abidjan dans son hôtel par quatre personnes en civil qui se sont présentées comme étant de la gendarmerie ivoirienne. Après avoir participé au forum pour lequel il a été invité, il est revenu à son hôtel. C'est là où, je ne dirais pas enlevé, mais ceux qui étaient chargés de l'arrêter seraient venus et il a été interpellé, conduit directement à l'aéroport international d'Abidjan », a confié l'avocat.

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Selon son avocat, « c'est un avion spécialement affrété du Bénin qui serait venu le chercher parce qu'ils étaient quatre ou cinq dans l'avion en plus l'équipage. »  Après son interpellation, il a été amené à Cotonou pour être présenté à la commission d'instruction le vendredi 11 juillet 2025 . « De la commission d'instruction, on l'a amené directement devant la chambre des libertés et de la détention, c'est là où il a dit qu'il ne peut parler qu'en présence de ses avocats », apprend Maître Aboubakar dans une interview accordée à Libre Express ce lundi 14 juillet 2025.
 

Présumée collaboration des autorités ivoiriennes

Selon l'avocat, Comlan Hugues  Sossoukpè a assuré avoir été extradé, ce qui « suppose qu'il était l'objet d'une poursuite judiciaire ici, que des convocations lui auraient peut-être été délaissées sans suite et ne le retrouvant pas, la commission a dû émettre un mandat d'arrêt. » Après l’émission du mandat d'arrêt, la police ivoirienne l’aurait interpellé avant de le remettre à la police béninoise.

Pour Maître Baparapé, la procédure veut qu’un magistrat statue sur son extradition, ce qui signifie que Sossoukpè aurait dû comparaître devant un juge ivoirien qui devrait se prononcer sur cette décision. « Mais d'après ce qu'il a dit, ça n'a pas été le cas. Depuis son hôtel, on l'a directement amené à l'aéroport sans le présenter à un magistrat », déclare Aboubakar Baparapé.

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Désormais placé en détention préventive ce lundi 14 juillet 2025, Comlan Hugues Sossoukpè a vu son dossier renvoyé devant la commission de l’instruction de la CRIET. Quatre chefs d'accusation sont retenus contre lui. Il s'agit des charges d’incitation à la rébellion, d’incitation à la haine et à la violence, de harcèlement par le biais d'une communication électronique et d’apologie du terrorisme.