Une deuxième audience dans le dossier de Shadrac Watowédé Houngnibo. Lundi 14 juillet 2025, Shadrac Houngnibo, poursuivi pour « incitation et diffusion de fausses nouvelles et harcèlement par le biais d'une communication électronique », s'est présenté devant les juges de la CRIET. Il est reproché au prévenu d'avoir jeté de l'opprobre sur la SImAU dans le cadre de l'expropriation de domaines à Togbin, dans la commune d'Abomey-Calavi.
« Qu'est-ce vous avez fait cette fois-ci ?» a demandé le président de la chambre de jugement CRIET à Shadrac Houngnibo à l'ouverture du procès. Le militant a répondu que c'était la SImAU qui avait porté plainte contre lui pour harcèlement.
De "bonne foi", a affirmé Shadrac Houngnibo, il a demandé, dans des vidéos sur Tiktok, le « dédommagement juste et préalable » des propriétaires ou présumés propriétaires de terrain, dans le cadre de cette expropriation. Selon lui, ses revendications se fondent sur l'article 22 de la Constitution béninoise, qui stipule que « nul ne peut être privé de sa propriété que pour cause d'utilité publique et contre une juste et préalable indemnisation ».
LIRE AUSSI : CRIET : Schadrac Watowédé Houngnibo, proche de Kemi Seba déposé en prison pour incitation à la violence
Dans ces vidéos incriminées, Shadrac Houngnibo a qualifié l'expropriation à Togbin « d'apartheid social ». Interrogé par la Cour sur cette expression, il a expliqué qu'il dénonçait une « injustice sociale ». Il a déclaré que les préalables d'une telle procédure n'avaient pas été respectés, excluant ainsi une « certaine classe sociale ». Questionné sur la pertinence de ses moyens d'action, le militant a répondu que son « intention était de faire savoir ce qui se passe ».
Mais la Cour lui a opposé d'autres extraits dans lesquels il invitait des personnes à créer des pages Facebook pour relayer massivement ses publications sur l'expropriation de Togbin. Alors que le prévenu répondait toujours aux questions, le juge a immédiatement renvoyé son dossier au lundi 13 octobre 2025.
Proche de Kemi Seba, Shadrac Houngnibo a été condamné en décembre 2023 à une amende de 5 millions de francs CFA pour harcèlement par voie électronique. C'était dans le cadre d'une autre procédure judiciaire engagée par le parquet spécial de la CRIET à son encontre.
