Un policier condamné pour détournement de fonds publics à la Direction de l'émigration et de l'immigration. Mercredi 16 juillet 2025, le dossier du policier A.A.C.G. était au rôle de la session criminelle en cours à la CRIET. Le flic est en détention préventive depuis 2019 pour des faits détournement de deniers publics et usage illicite de deniers publics aggravé, blanchiment de capitaux, soustraction frauduleuse au paiement d'impôts, conflit d'intérêt, enrichissement illicite. 

À ses côtés, il est poursuivi avec une banquière au moment des faits et un opérateur économique. Ces deux coaccusés sont poursuivis sans mandat de dépôt dans le dossier. Selon les faits présentés par l'accusation, un audit effectué à la Caisse de la Direction de l'Emigration et de l'Immigration (DEI) par la Commission d'Inspection Financière a révélé en septembre 2019 la disparition d'une partie des recettes de la structure notamment cent-cinquante (150) millions FCFA.

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L'enquête ouverte à cet effet a permis de constater que les fonds manquants ont été utilisés par le nommé A.A.C.G., fonctionnaire de police en charge de la caisse de la Direction de l'Emigration et de l'Immigration (DEI), pour acquérir divers biens meubles et immeubles, notamment auprès d’un opérateur économique V.C.A.F. et pour octroyer des prêts à des amis et à certains collègues, à savoir une l'ex-banquière C.B.A.C. et autres.

Arrêté par la Brigade économique et financière (BEF) et inculpé pour des faits détournement de deniers publics et usage illicite de deniers publics aggravé, blanchiment de capitaux, soustraction frauduleuse au paiement d'impôts, conflit d'intérêt, enrichissement illicite, le policier a reconnu les faits à toutes les étapes de la procédure. 

L'opérateur économique et la banquière quant à eux ont choisi la dénégation comme moyen de défense. Au terme de son information, la commission de l'instruction de la CRIET par arrêt de non-lieu-partiel et de mise en accusation en date du 10 novembre 2021 a renvoyé le policier, l'opérateur économique et l’ex-banquière devant la chambre des jugements statuant en matière criminelle et dit n'y avoir à suivre contre les autres inculpés.

Le policier reconnaît les faits 

Le policier a été recruté dans les rangs de la police républicaine en 2008 et il a été affecté à la Direction de l'émigration et de l'immigration en tant que comptable et il était à la caisse. C'est ce dernier qui recevait les recettes de la DEI et effectuait régulièrement des versements mensuels pour les prestataires dans une banque de la place afin de faciliter les opérations d’établissement des titres de séjours, des passeports et autres. 

Selon la déposition de l'agent de police, alors qu’il allait régulièrement dans cette banque, l'un des prestataires de la DEI va lui donner le contact de la banquière. C'est ce prestataire qui lui aurait demandé de faire régulièrement les opérations de dépôt auprès de la banquière. Avec le temps, le policier et la banquière sont devenus des amis et une relation de confiance est née entre eux. 

Selon la déposition du flic, un de ces jours, la banquière l'a appelé au téléphone qu'il y a un contrôle qu’elle devait subir à la banque et qu'elle aurait besoin d'un prêt de 50 millions FCFA qu'elle allait lui rembourser immédiatement le lendemain. Le policier affirme que c'est la banquière même qui est venue chercher les sous. Mais, la banquière ne lui retournera pas l'argent le lendemain comme promis. 

Après plusieurs mois sans être remboursé, l'homme en uniforme affirme avoir été appelé un jour par l'opérateur économique qui s'est présenté comme le mari de la banquière. Ce prétendu mari va lui indiquer que c'est lui qui doit lui rembourser les 50 millions FCFA et qu'il ne dispose pas d’argent en espèces. 

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Par la suite, l'opérateur économique va lui annoncer qu'il a un immeuble qu'il veut vendre à 150 millions FCFA pour le rembourser. Le policier confie à la Cour que pour faire de son mieux pour recouvrer l'argent, il a endossé le rôle de démarcheur et qu'il n'a pas trouvé de preneur pour l'immeuble. C'est alors qu'il a finalement décidé d’acheter l'immeuble. 

Pour l'opération d'achat de l'immeuble, le policier détaille qu'il est allé prendre 100 millions FCFA sur les comptes bancaires de la DEI. Les 100 millions FCFA en main l'opérateur économique va compléter avec 50 millions FCFA qu'il lui devait. C'est ainsi qu’il va racheter l'immeuble avec des fonds publics détournés pour son propre compte. En tout, il va détourner 150 millions FCFA appartenant à l'État béninois. 

D'après sa déposition, il était dans les courses pour revendre l'immeuble et rembourser ce qu'il devait à la DEI quand un audit a révélé les faits et il a été mis aux arrêts. 

Fortunes diverses pour le policier et ses deux coaccusés 

Dans son verdict, la Cour siégeant en matière criminelle a acquitté tous les trois accusés des charges de soustraction frauduleuse au paiement d'impôts. Elle a reconnu le policier coupable des faits de détournement de deniers publics et blanchiment de capitaux. Il a écopé de huit (08) de réclusion criminelle et de 10 millions FCFA d'amendes. 

L'ex-banquière et l'opérateur économique ont été reconnus coupables de complicité de détournement de deniers publics et de blanchiment de capitaux. Ils ont été condamnés à 5 ans de réclusion criminelle assortis de sursis et à 10 millions FCFA d'amendes chacun. Dans son délibéré, la Cour a réservé les intérêts civils en raison de ce que l'agent judiciaire de l'État (AJE) n'a pas pu déterminer le montant des préjudices subis par l'État, a appris Libre Express.