Pas de remise en liberté provisoire pour Louis Philippe Houndégnon lors de son procès en appel. À l'ouverture de l'audience devant la chambre des appels de la CRIET, le juge a entendu ce lundi 21 juillet les différentes raisons qui justifient leur décision d'interjeter appel. C'est alors que le prévenu Camille Coffi Amoussou va expliquer qu'il a fait appel de la décision rendue par le premier juge en raison de ce qu'il n'a rien à avoir dans ce dossier. 

À son tour, Louis Philippe Houndégnon a déclaré qu'il a fait appel pour contester la procédure et que le premier juge qui a connu du dossier ne devrait pas se déclarer incompétent. Il a déclaré qu'il ne devait pas être détenu pour les faits qui lui sont reprochés. Leur avocat Me Fidèle Abouta a introduit une demande de remise en liberté provisoire en leur faveur. Il a notamment évoqué l'état de santé dégradant de Camille Coffi Amoussou à la prison civile de Missérété. 

Après une petite suspension, les juges de la chambre des appels de la CRIET ont rejeté leur remise en liberté provisoire, rapporte l'envoyé spécial de Libre Express. Le dossier a été renvoyé en octobre 2025 pour être plaidé au fond. 

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Dans ce dossier, la chambre correctionnelle de la CRIET s'est déclarée incompétente le lundi 19 mai 2025 dans l’affaire de Louis Philippe Houndégnon et de son coprévenu Coffi Camille Amoussou. Le motif ? Le juge avait estimé dans sa décision que les faits reprochés aux deux prévenus sont de nature criminelle. Il avait ensuite confirmé le mandat de dépôt et a renvoyé le ministère public à mieux se pourvoir. 

Les deux prévenus ainsi que le ministère public ont fait appel de cette décision du premier juge. 

Retour sur les faits 

Courant novembre 2024, Louis Philippe Houndégnon, âgé de 67 ans, avait été interpellé suite à plusieurs interviews accordées à la presse dans lesquelles il déclarait avoir reçu des propositions de coup d'État contre le président Patrice Talon. Le parquet spécial l'accusait alors d'avoir remis en cause la Constitution béninoise et d'avoir appelé la population au soulèvement à travers son "Mouvement 11/12". 

Lors des audiences en première instance, le ministère public, représenté par le premier substitut du procureur spécial Armand Donald Reagan Hounguè, avait fait ses réquisitions. Selon le procureur, Houndégnon aurait "manqué de réserve même étant à la retraite" et aurait travaillé à "recenser les personnalités clés de l'État" dans le but de fomenter un coup d'État. Le parquet avait donc demandé à la CRIET de retenir Houndégnon pour des faits présumés d'incitation à la rébellion et de harcèlement par le biais d'un système électronique.

Houndégnon et Amoussou sont poursuivis pour des faits présumés d'incitation à la rébellion et de harcèlement par le biais d'un système électronique. Lors de la précédente audience du 24 février 2025, les débats avaient notamment porté sur des échanges téléphoniques entre Houndégnon et un ex-ministre de Boni Yayi, aujourd'hui diplomate.