Il devient le premier ex-chef d’Etat du pays condamné et privé de liberté. L’ancien dirigeant de droite qui fut président de 2002 à 2010, s’est ainsi vu infliger la peine maximale prévue pour de telles charges à l’issue d’une audience à laquelle il a pris part de manière virtuelle. Il a en outre été interdit d’exercer toute fonction publique pendant plus de huit ans, et devra s’acquitter d’une amende équivalant à environ 720 000 euros soit plus de 460 000 000 Fcfa.

Devant le tribunal où le verdict de son procès pour subornation de témoin a été prononcé, les partisans de l’ancien président colombien Alvaro Uribe ont brandi des masques à son effigie à Bogota., le 28 juillet 2025. Il a été interdit d’exercer toute fonction publique pendant plus de huit ans.

Alvaro Uribe a annoncé qu’il faisait appel de cette décision, que sa défense considère comme « politisée et prise sous la pression de la gauche au pouvoir.  La juge, Sandra Heredia, lui a, à cet égard, donné jusqu’au 13 août pour présenter ses arguments. Elle a en revanche souligné que la sentence prononcée vendredi entrait « immédiatement » en vigueur afin de l’empêcher de tenter de s’y « soustraire » en quittant son pays.

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« Justice à genoux ! », « juge corrompue ! », ont crié une trentaine de personnes devant le palais de justice de Bogota tandis que le parti Centre démocratique que dirige l’ancien chef de l’Etat a appelé à manifester le 7 août pour défendre « un homme innocent ».

Alvaro Uribe avait été reconnu coupable d’avoir tenté de faire pression sur des témoins pour éviter d’être associé aux milices d’extrême droite ayant mené une guerre sanglante contre les guérillas, dans le premier procès visant un ex-chef de l’Etat colombien. Alvaro Uribe était également poursuivi pour fraude procédurale.

Au début de l’audience de vendredi, la juge Sandra Heredia avait protesté contre la fuite dans les médias du jugement dont elle a ultérieurement fait officiellement la lecture, affirmant que l’un des fils de M. Uribe y avait contribué. 

« Je proteste avec énergie contre le traitement infligé à mes enfants. Vous m’avez traité de la pire des manières. Je vous ai respectée, mais je n’accepte pas que vous mêliez de ma famille [à ceci] », s’est emporté l’ancien président, interrompant l’intervention de la magistrate. « Pouvez-vous vous taire, M. Uribe ? », lui a rétorqué la juge.