L’Agence de presse sud-coréenne Yonhap a fait une révélation pour le moins inhabituelle, vendredi 1er août. L’ancien président Yoon Suk-yeol refusait depuis des jours de se présenter aux convocations du conseil spécial d’enquête. Pour le questionner, les enquêteurs ont besoin de le transférer de sa cellule à une autre pièce, rapporte l’Agence de presse. L’ancien chef d’État, qui avait essayé d’imposer en vain, la loi martiale, en décembre 2024, s’est opposé à son transfert.
Un procureur et un assistant se sont donc présentés à la prison où est enfermé l’ex-chef d’État. Mais quelle ne fut pas leur surprise lorsque Yoon Suk-yeol a catégoriquement refusé de les suivre, et a enlevé sa tenue de prisonnier, avant de s’allonger sur le sol, en sous-vêtements.
Les deux membres du conseil ont pensé à employer la force pour le sortir de sa cellule. Mais il y avait, selon eux, un risque que la situation mène à un accident, rapporte l’Agence de presse. Ils sont donc repartis bredouilles deux heures plus tard.
Les avocats de Yoon ont estimé que les procureurs avaient fait preuve d'un « mépris troublant » pour « la décence humaine fondamentale ». Selon un communiqué publié le jeudi 31 juillet 2025, par les avocats de Yoon, ce dernier souffre de « plusieurs problèmes qui posent des défis importants à sa santé » et perturbent sa coopération à l'enquête.
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Le ministre sud-coréen de la Justice a déclaré lors d'une audition parlementaire qu'il était « franchement embarrassant pour un ancien président de se comporter de cette façon. [...] Il portait un haut à manches courtes et un pantalon, mais il aurait enlevé son uniforme de prisonnier lorsque l'équipe de procureurs a tenté d'exécuter le mandat d'arrêt, pour le remettre immédiatement après leur départ, a déclaré Jung Sung-ho. Nous veillerons à ce qu'il soit traité avec la dignité appropriée, sans soulever le moindre soupçon de traitement de faveur compte tenu de sa fonction passée. »
Yoon Suk-yeol a plongé la Corée du Sud dans une crise politique lorsqu'il a tenté de renverser le pouvoir civil le 03 décembre 2024. Il avait alors envoyé des soldats armés au Parlement afin d'empêcher les élus de voter contre sa déclaration de loi martiale.
Destitué en avril, l'ancien président avait déjà effectué un séjour en détention de janvier à mars, devenant le premier chef d'État en titre à être arrêté dans l'histoire de la Corée du Sud. Il avait fini par être remis en liberté pour vice de procédure. Le 10 juillet 2025, il est de nouveau placé en détention, avant d'être inculpé pour abus de pouvoir la semaine suivante. Ses déboires judiciaires sont loin d’être terminés.
