Dans le cadre de cette affaire de trafic international de drogue, quatorze personnes, dont un militaire et un policier, ont été interpellées en octobre 2024 par l'Office central de répression du trafic illicite des drogues et des précurseurs (OCERTID) au Bénin. 

Présentés au parquet spécial de la CRIET, une dizaine de personnes, dont le principal prévenu Cristel Azon,  ont été placés en détention préventive et les autres poursuivis sans mandat de dépôt. Renvoyés devant la chambre des flagrants délits de la CRIET, certains mis en cause ont été poursuivis pour les charges de « trafic international de drogue à haut risque » et d'autres pour « abus de fonction ».

Les faits reprochés aux mis en cause

Selon l'accusation, les 14 prévenus, dont le principal prévenu, faisaient le convoyage de la drogue vers plusieurs pays européens à partir de l’aéroport de Cotonou. Le principal prévenu qui est un prestataire de services fait le convoyage des produits tropicaux vers la France à partir de l’aéroport de Cotonou. Lors des débats au cours du procès, ce dernier a reconnu avoir reçu une proposition de transport de la drogue dans les valises qu'il convoyait et qu'il a acceptées. 

Le parquet spécial près la CRIET a indiqué au cours du procès que le principal accusé a été arrêté à son domicile par la police républicaine en possession de 18,45 kg de cocaïne, 16 millions francs CFA et 80 000 euros. Devant les juges, ce principal prévenu a indiqué qu'un Nigérian lui remettait des valises contenant de la drogue. Son rôle était de les transmettre à un agent de l’aéroport, qui se chargeait de trouver des passagers pour transporter les valises vers des pays de l’Europe, dont la France. Ces valises étaient remises à des femmes qui étaient chargées de les remettre à des personnes en Europe.

Selon le principal prévenu, ses coprévenus ignoraient le contenu des valises qui leur étaient remises. Il a indiqué que les prévenus ne savaient pas qu'elles contenaient de la drogue. Une de ces victimes, une dame au nom d'Arlette Kouchanou qui a été arrêtée en France alors qu'ils ont introduit de la drogue dans ses bagages, a aussi déposé une plainte. Lors du procès, son avocat a réclamé 500 millions pour toute cause de préjudices subis.

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Le représentant du ministère public a déclaré lors de l'instruction du dossier devant le juge qu’après l'arrestation du principal prévenu, ce dernier aurait demandé à son chauffeur qui transportait les valises contenant de la cocaïne à l’aéroport de Cotonou de la faire remplacer dans les valises qui étaient encore à sa disposition. Devant le juge, le chauffeur a confié avoir sorti effectivement le produit prohibé sur initiative personnelle.

Le parquet spécial près la CRIET a également révélé le mode opératoire du principal prévenu et de ses collaborateurs. À l'en croire, les prévenus font le convoyage de leurs produits par des compagnies aériennes qui ont une bonne réputation afin de ne pas éveiller de soupçon sur le produit une fois arrivé à destination. Selon le ministère public, les activités de cette bande de trafiquants étaient connues et surveillées, mais les enquêteurs de la police se sont donnés du temps pour collecter plus de preuves. 
 

Des relaxes
 

Des relaxes et de lourdes condamnations au Bénin dans cette affaire de trafic international de drogue à haut risque vers la France. Dans une décision rendue le jeudi 14 août 2025 après plusieurs mois d'audience, la Cour statuant publiquement, contradictoirement en matière correctionnelle et en premier ressort a relaxé purement et simplement quatre prévenus poursuivis dans ce dossier sans mandat de dépôt. Il s'agit des prévenus Affi J.A. ,de Alida M.A.; de Claude C.T. et de Augustin S.

La juridiction spéciale a également relaxé au bénéfice quatre autres prévenus dans cette affaire. Les prévenus concernés sont : Richard T. , de Innocent A. , de Alexis K. et un certain Béthel. 

De lourdes condamnations 

Par contre,  la Cour a requalifié les faits de trafic international de drogue à haut risque reproché au principal prévenu Cristel Azon en « Trafic de drogue à haut risque et blanchiment de capitaux ». Il écope de 14 ans de prison ferme et 100 millions FCFA d'amendes fermes et au frais.

Elle a également requalifié les faits de trafic international de drogue à haut risque reproché au chauffeur du principal prévenu, le nommé Raphaël Y. C. en complicité de trafic de drogue à haut risque. Ce dernier est condamné par la CRIET à 5 ans de prison ferme et 5 millions FCFA d'amendes fermes et au frais.

La Cour a requalifié les faits de trafic international de drogue à haut risque reproché au nommé Toïbou A.O. en complicité de trafic de drogue à haut risque. La Cour l'a condamné à 12 mois de prison ferme et à 5 millions FCFA d'amendes fermes et au frais, rapporte l'envoyé spécial de LIbre Express.

Les charges sont aussi requalifiées en vol de cocaïne pour le nommé Soubaïrou H. qui a été poursuivi pour « trafic international de drogue à haut risque. Le prévenu écope de 24 mois de prison ferme et un million FCFA d'amendes fermes et au frais.

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Le juge a requalifié les faits d'abus de fonction reprochés au policier Spéro H. en tentative d’escroquerie. Le flic est condamné à 12 mois de prison ferme et à un million FCFA d'amendes fermes et au frais.

Les faits d'abus de fonction reprochés au militaire Bodjrènou ont été requalifiés en trafic d'influence par la Cour. L'homme en uniforme écope de 12 mois de prison ferme et un million de francs CFA d'amendes fermes et au frais. 

Par ailleurs, la chambre correctionnelle de la CRIET a ordonné dans sa décision la restitution des biens personnels des prévenus relaxés et a confisqué au profit de l'État béninois tous les autres placés sous scellés, y compris les véhicules et numéraires. 

La CRIET a aussi ordonné la confiscation des biens immeubles appartenant au principal prévenu Yélognissè Crystel Azon situés à l'étranger à l'exception de la maison abritant sa famille.
 

Le cas de la Dame Arlette Kouchanou 

Dans sa décision, la Cour a reçu la constitution de partie civile de la dame Arlette Kouchanou. Cette dame a porté plainte contre le principal prévenu, Crystel Yélognissè Azon après avoir été arrêtée en France après que de la drogue a été retrouvée dans ses bagages, a déclaré son avocat lors du procès. Cette victime à qui les trafiquants ont introduit de la drogue dans l’une de ses valises a été arrêtée en France avec la valise contenant la drogue.

La CRIET a condamné le principal prévenu à lui payer cent-cinquante-trois millions quatre cent quatre vingt mille neuf cent trente-huit (153.493.938 FCFA) à titre de dommages-intérêts. Les différentes parties dans ce dossier disposent de 15 jours pour faire appel du verdict, rapporte l'envoyé spécial de Libre Express.