C'est un revers cinglant pour Constant Mutamba, ancien ministre congolais de la Justice. Mardi 2 septembre 2025, la Cour de cassation de la République démocratique du Congo l'a condamné à trois (3) ans de travaux forcés et à cinq (5) ans d'interdiction d'accès à toute fonction publique pour détournement de fonds publics. L'information est rapportée par plusieurs médias locaux de la République démocratique du Congo (RDC).

L'affaire remonte à 2024, lorsque le parquet a ouvert une enquête sur l'utilisation de 19 millions de dollars alloués à la construction d'une nouvelle prison à Kisangani. Selon l'accusation, Constant Mutamba, qui était alors à la tête du ministère de la Justice, aurait prélevé cette somme sur les comptes du Fonds de réparation et d'indemnisation des victimes des activités illicites de l'Ouganda en RDC (Frivao). Il aurait ensuite transféré cet argent, le 16 avril 2024, vers un compte ouvert la veille au nom de la société Zion Construction.

Lors du procès, la défense de Constant Mutamba a plaidé l'acquittement, affirmant que les fonds étaient restés intacts. Mais la Cour de cassation en a décidé autrement. Dans son jugement, elle a estimé que les "violations répétées des règles de procédure et la précipitation dans cette passation de marché avaient pour objectif de capter les fonds de l'État afin d'enrichir frauduleusement la société Zion Construction".

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Outre la peine de trois ans de travaux forcés, la haute juridiction a prononcé à l'encontre de l'ancien ministre une interdiction de cinq ans d'accéder à toute fonction publique. Le ministère public avait initialement requis une peine de dix (10) ans de travaux forcés, ainsi que la privation du droit de vote et d'éligibilité.

Constant Mutamba, qui s'est présenté au procès en tenue décontractée, a été placé sous mandat de dépôt à l'issue de l'audience. Auparavant, il avait été assigné à résidence par le procureur général près la Cour de cassation, avec lequel il entretenait des relations tendues.

Cet ancien ténor de la justice congolaise, qui s'était souvent érigé en critique du système judiciaire, a tenté de se poser en figure politique persécutée pendant ce procès. Mais sa condamnation l'empêchera vraisemblablement de se présenter à la prochaine élection présidentielle prévue en 2028.