L'ex-patron de la Marine du Bénin et son coprévenu condamnés. Le verdict leur dossier a été rendu ce jeudi 7 octobre 2025 par la chambre correctionnelle de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET). Selon le jugement rendu, la Cour a relaxé au bénéfice du doute le militaire Biaou. Par contre, elle a reconnu coupable d'abus de fonction l’ex-chef d'état-major de la marine béninoise et l’ex-chef de la brigade fluviale de Karimama, Gounou Marigo Bio Nikki. Pour ces faits, ils écopent de 18 mois de prison ferme et d'un million FCFA d'amendes chacun. La Cour a réservé les intérêts civils. Les mis en cause disposent de 15 jours pour faire appel du jugement, rapporte l'envoyé spécial de Libre Express. 

Dans sa décision de ce jeudi 09 octobre 2025, la Cour n'a pas suivi les réquisitions du ministère public contre les deux prévenus. Ce dernier avait requis pour des faits d'abus de fonction 24 mois de prison dont 12 mois fermes et deux millions FCFA d'amendes contre l’ex-chef d'état-major de la Marine nationale, Jean-Léon Olatoundji et l’ex-chef de la brigade fluviale de Karimama, Gounou Bio Marigo. 

Selon le ministère public, les faits reprochés au ministère public aux trois prévenus ont été révélés à la suite des investigations menées dans le cadre d'une affaire de vols des dotations en carburant à la base navale de Cotonou. Les résultats de ces investigations ont montré des détournements de carburant évalués à plusieurs millions de francs CFA, apprend le parquet spécial. Les faits ne s'arrêtent pas là, selon le procureur. 

L’ex-chef d'état-major de la Marine nationale recevait également des dons de ses collaborateurs dont l’ex-chef brigade fluviale de Karimama. Ces dons seraient issus des carburants volés ou des droits de passage prélevés chez les usagers du fleuve Niger à Malanville, affirme le ministère public. 

Selon le représentant du procureur spécial près la CRIET lors de l'audience du jeudi 17 juillet 2025, même si l’ex-patron de la Marine ne reconnaît pas le détournement de carburant, l’argent envoyé par l’ex-chef de la brigade fluviale par mobile money serait issu des droits de passage. Le ministère public avait estimé que c'est sur ces montants prélevés chez les passagers que l’ex-chef brigade fait des dons à Jean-Léon Olatoundji. 

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Contre le troisième prévenu, un certain militaire Biaou, le ministère public a indiqué que l’instruction n’a pas permis d'établir les liens de complicité d'abus de fonction. Il a requis sa relaxe au bénéfice du doute des faits de complicité d'abus de fonction. 

La défense de l’ex-chef d'état-major de la Marine, assurée par Me Ayodélé Ahounou et Me Timothée Yabit, avait souligné la vacuité du dossier. Me Timothée Yabit avait notamment souligné que tous les commandants des bases navales du Bénin ont défilé à la barre et n'ont jamais affirmé que l’ex-chef d'état-major de la Marine a détourné du carburant. Il avait invité la Cour à ne pas suivre la réquisition du procureur qui tend à établir des liens avec l’affaire de vols de carburant à la base navale de Cotonou alors que Jean-Léon Olatoundji n'a jamais été poursuivi dans ce dossier. 

Le capitaine de vaisseau Jean Léon Olatoundji, ex-patron de la Marine et le patron de la brigade fluviale de Karimama sont en détention provisoire depuis mai 2024. Ils ont toujours plaidé non coupables des chefs d'accusation d'abus de fonction et de contrebande mis à leur charge. Un autre militaire de la marine est également poursuivi dans ce dossier, mais sans mandat de dépôt. 

Leur incarcération fait suite à une enquête menée par la Brigade économique et financière (BEF) concernant une affaire de vol de carburant à la Marine, survenue pendant la période où Jean Léon Olatoundji était à la tête de l'institution. Il lui est notamment reproché des faits de contrebande sur le fleuve Niger, rapporte l'envoyé spécial de Libre Express.