Une énième audience dans le dossier d'un des adjoints du commissariat de police républicaine de Tokplégbé dans le 1er arrondissement de Cotonou. Un peu avant midi ce jeudi 06 novembre 2025, l’ex-deuxième adjoint au commissaire de Tokplégbé a donné sa version des faits mis à sa charge par le parquet spécial près de la CRIET. La déposition de l’officier Soglohoun devant les juges de la CRIET intervient après celle de Joël Feliho, commissaire major de police et principal commissaire de son unité.
Devant la Cour, le principal prévenu, Soglohoun qui était au moment des faits deuxième adjoint au commissaire de police de Tokplégbé raconte que tout a commencé un soir du mois d'avril 2025 quand une patrouille qu'il conduisait a été alertée vers 23 heures par le responsable d'un auberge d'un cas de viol commis par un jeune homme sur une jeune fille. Ce jour-là, l'officier de police raconte que le jeune présumé violeur a été interpellé et placé en garde à vue. Quant à la jeune fille victime, le policier affirme qu'elle a été envoyée à l'hôpital.
Par la suite, le prévenu affirme qu'ils ont transféré le présumé violeur vers l’Office central de protection des mineurs (OCPM) pour la suite de la procédure mais faute de la notification de la garde à vue, l'OCPM a renvoyé le mis en cause au commissariat de Tokplégbé.
Le lendemain de ces événements, l'officier de police raconte avoir reçu la visite de plusieurs proches du présumé violeur ainsi que de son patron. Le prévenu affirme que dans le lot, il a reconnu le patron. C'est alors que les proches du prévenu notamment son patron ont proposé de verser une somme de deux cents mille (200. 000 francs CFA) pour les soins de la victime. Le commissaire Soglohoun confie à la Cour avoir demandé de compléter 100 000 FCFA pour que la somme fasse 300 000 FCFA pour les soins de la victime. Selon sa déposition, le patron du présumé violeur va demander que le jeune homme soit placé sous convocation et va prendre l’engagement qu'il se présentera à chaque fois que le besoin se fera sentir. Le jeune est effectivement placé sous convocation et libéré.
Le commissaire Soglohoun confie à la Cour que le lendemain il a reçu un appel du commissaire principal de son unité qui l’informe de ce que le procureur spécial près la CRIET l’a appelé sur un dossier de cas de viol aggravé qui serait au niveau de son commissariat et que de retrouver l’intéressé avant 16 heures. Le deuxième adjoint au commissaire du premier arrondissement de Cotonou aujourd'hui en détention préventive affirme qu'il a rappelé le patron du mis en cause et a demandé qu'il se présente à nouveau au commissariat. Le jeune présumé violeur s'est effectivement présenté au commissariat mais l’officier estime qu'il n’a pu l’écouter en raison de l’absence de la victime mais qu'il a décidé de ne plus le laisser partir et de le placer en garde à vue. C'est alors que le présumé violeur va demander au commissaire Soglohoun de l’aider à se rendre à la maison pour prendre quelque chose avant qu'il ne revienne en garde à vue.
Le prévenu officier de police raconte à la Cour qu'il a demandé à un autre collègue policier de le conduire à la maison et de le ramener ensuite en garde à vue. Quelque temps après, ne voyant plus le retour de son collègue avec le mis en cause, l’officier de police raconte avoir décidé lui-même d'aller voir ce qu'il en est. Il affirme qu'arriver au niveau de la maison du présumé violeur, il a constaté que son collègue est resté au portail avec la moto de la police. Il déclare qu'il est rentré dans la maison pour retrouver le présumé violeur mais il avait déjà pris la clé des champs et a fui.
Sa déposition a fini par provoquer le courroux du ministère public représenté par le deuxième substitut du procureur. Ce dernier a reproché à l’officier de police d'avoir laissé filer le présumé violeur malgré les consignes fermes du procureur spécial près la CRIET. Le procès a été ensuite renvoyé au jeudi 15 janvier 2025 pour les réquisitions du ministère public, rapporte l'envoyé spécial de Libre Express.
Dans ce dossier, le parquet spécial de la CRIET a placé sous mandat de dépôt le deuxième adjoint du commissaire du premier arrondissement de Cotonou pour abus de fonction. La décision de le placer en détention préventive a été prise le vendredi 2 mai 2025. Selon les informations de Libre Express, il est notamment reproché à cet adjoint du commissaire du 1er arrondissement de Cotonou d'avoir reçu une somme de trente-cent mille (300.000) francs CFA pour couvrir l’auteur d’un acte d’agressions sexuelles sur une dame. Le lieutenant de police républicaine a été placé en garde à vue avant d'être présenté au parquet spécial de la CRIET le vendredi 2 mai 2025.
