Des hommes en uniforme risquent des peines de prison pour une affaire de sortie frauduleuse de produits tropicaux. Devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) sont poursuivis après leur interpellation en mars 2025 à Kassouala. Ce sont seize (16) prévenus dont huit (08) policiers, sept (7) douaniers et un civil poursuivis dans cette affaire de sortie frauduleuse de camions de produits tropicaux à Kassouala, localité située dans la commune de Tchaourou et frontalière au Nigéria. Dans ce lot de prévenus, dix agents dont des policiers et des douaniers sont poursuivis sans mandat de dépôt et sont sous convocation.
Six autres prévenus dont trois douaniers et trois policiers sont placés en détention préventive et séjournent en prison. Dans ce dernier lot de prévenus en détention, l'ex-commissaire du commissariat frontalier de Kassouala et le chef de poste de la douane béninoise de la même localité. Ils sont en prison depuis le 13 mars 2025.
Les chefs d'accusation retenus contre les six prévenus en détention préventive sont abus de fonction et blanchiment de capitaux. Quant aux dix autres, certains sont poursuivis pour complicité d’abus de fonction et blanchiment de capitaux.
La Douane béninoise réclame plus de 700 millions FCFA
À l’ouverture de l’audience ce jeudi 06 novembre 2025, la Direction générale des douanes béninoise représentée par son avocat a sollicité la condamnation des douaniers poursuivis dans le dossier à lui verser 737 millions FCFA. Il a indiqué à la Cour que les prévenus fonctionnaires des douanes se sont rendus coupables d'infractions aux règles douanières en vigueur au Bénin en participant à la sortie frauduleuse de camions d'acajou du territoire national. Quant aux policiers poursuivis, il a déclaré que la douane ne leur réclame rien et de les renvoyer à leurs services.
Des peines de prison requises
Après plusieurs mois d'audience dans ce dossier, le ministère public représenté par le deuxième substitut du procureur spécial près la CRIET a fait ses réquisitions ce jeudi 06 novembre 2025. Le parquet spécial près la CRIET a notamment souligné que les éléments extraits des téléphones portables de l’ex commissaire de police de Kassouala, de l’ex-chef de poste de la douane béninoise de la même localité ainsi que de deux douaniers, ont montré que ces quatre prévenus auraient abusé de leurs fonctions en participant à des opérations de sortie frauduleuse de camions d'acajou du territoire. Il a alors demandé de les retenir dans les liens de la prévention des infractions de blanchiment de capitaux et de d'abus de fonction et a requis deux (02) ans de prison et deux millions FCFA d'amendes contre ces quatre prévenus.
Quant aux douzes (12) autres prévenus dont des policiers, le ministère public a requis leur relaxe au bénéfice du doute des charges d'abus de fonction et de blanchiment. Les avocats de la défense ont plaidé la relaxe pure et simple de leurs clients. Ils ont évoqué l’absence d'éléments de preuves dans le dossier. Le verdict du procès est renvoyé au jeudi 18 décembre 2025, rapporte l'envoyé spécial de Libre Express.
Une affaire de sortie frauduleuse de camions de cajou du Bénin
Il est reproché à ces douaniers et policiers en fonction au poste frontalier de Kassouala de laisser sortie frauduleusement du territoire béninois plusieurs camions de produits tropicaux dont le soja et le cajou. Ceci, en violation des règles établies par les autorités en la matière. Une équipe dépêchée par la douane béninoise aurait permis de découvrir les faits incriminés.
C'est ainsi que tous les agents de la police républicaine ainsi que de la police concernée par ce dossier ont été placés en garde à vue à la Brigade économique et financière (BEF). Le commissaire de police du commissariat frontalier de Kassouala ainsi que le chef poste de la douane n'ont pas été épargnés. Présentés au parquet spécial de la CRIET, six agents de la douane et de la police sont placés en détention préventive et les autres sous convocation.
