Un litige aux allures de bras de fer social oppose un meunier à son ancienne employeuse, devant le Tribunal de première instance de Cotonou. Selon les explications fournies à la barre, l’employeur, une femme âgée de 74 ans, aurait employé le jeune homme sans l’enregistrer à la CNSS. « En vertu du Code du travail béninois et des textes en matière de sécurité sociale, tout employeur est tenu de déclarer son personnel dès l’embauche, quelle que soit la durée ou la nature du contrat » a rappelé le président du tribunal.
La mise en cause s’est défendue en affirmant que l’employé aurait lui-même refusé d’être déclaré, faute de pièces d’état civil. « Il n’avait pas d’acte de naissance, et il m’a demandé de lui verser directement une part équivalente à sa cotisation CNSS. Tous mes employés sont déclarés, sauf lui. Il a préféré qu’on lui verse directement 5 000 francs CFA sur son salaire au lieu de cotiser à la CNSS », a-t-elle déclaré. Des arguments que le président a balayé d’un revers de main, rappelant le caractère impératif de la déclaration sociale : « Ce n’est pas à l’employé de décider s’il veut être déclaré ou non. Vous devez appliquer la loi », a-t-il tranché parlant d'« un manquement qui expose l’employeur à des sanctions civiles et pénales prévues par la réglementation béninoise en matière de travail et de protection sociale ».
L’employeuse, estime faire face à une tentative d’extorsion de fonds. Elle évoque un différend survenu après la suspension temporaire de certains employés, dont le plaignant, qui n’a pas répondu à son rappel et a préféré saisir la justice. « Il pense qu’il peut obtenir de l’argent facilement en me poursuivant », s’est-elle justifiée, parlant de cabale. Le tribunal a renvoyé le dossier au 5 décembre 2025 pour la suite des débats, rapporte l'envoyé spécial de Libre Express.
