Il est 10 heures 52 minutes quand le président de la Chambre des appels de la CRIET évoque le dossier Steve Amoussou. Le prévenu se présente à la barre. Les avocats Aboubacar Baparapé et Me Filbert Béhanzin qui substitue Me Victorin Fadé se constituent pour plaider sa cause. L’avocat Baparapé prend ensuite la parole. Il affirme que dans le cadre de ce dossier, la défense a renoncé au départ de faire appel de la décision rendue par le premier juge, mais qu'elle a remarqué que le procureur spécial près la CRIET a fait appel dans le dossier. Il ajoute que c'est pourquoi la défense de Steve Amoussou a également décidé d'interjeter appel pour ne pas se voir refuser la parole lors du procès appel. L’avocat Baparapé a demandé à la Cour de prendre acte de sa constitution aux intérêts du prévenu Steve Amoussou.

C'est alors que le président de la Chambre des appels rappelle à la Défense que le prévenu a renoncé lors de la dernière audience à faire appel de la décision rendue par la chambre de jugement. Steve Amoussou est invité à se prononcer : « Je m'associe à l’appel fait par Me Baparapé pour mon compte ». La chambre des appels prend acte. Le ministère public représenté par le deuxième substitut du procureur spécial près la CRIET est sollicité par la Cour pour exposer les raisons pour lesquelles il a fait appel de la décision rendue par le premier juge.

Le parquet spécial près la CRIET donne les raisons de son appel 

Le ministère public a exposé comme raison qu'il n'est pas dans la logique de la requalification faite par le premier juge. « Pour nous, ce n'était pas ça. À l’arrivée, c'est à croire que nous avons erré au départ. 

LIRE AUSSI : Bénin : devant la CRIET, Steve Amoussou explique le personnage de Frère Hounvi comme un avatar

Lors du verdict prononcé le lundi 2  juin 2025, la chambre correctionnelle de la CRIET a requalifié les faits de « harcèlement par le biais d'une communication électronique, initiation et diffusion de fausses nouvelles, et d'incitations à la rébellion »  en « injure avec motivation politique, initiation et diffusion de fausses nouvelles ». 

Pour le ministère public lors de l'audience en appel ce lundi 1er décembre 2025, le justiciable Steve Amoussou alias Frère Hounvi est bien coupable des faits de harcèlement par le biais d'une communication électronique, initiation et diffusion de fausses nouvelles, et d'incitations à la rébellion. Le parquet spécial n'est pas d'accord avec la requalification faite par la chambre correctionnelle mais ne conteste pas la peine de prison infligée à Steve Amoussou par le premier juge.

À son tour, Me Aboubacar Baparapé a demandé à la Chambre des appels que s'il lui était possible de constater la nullité de la procédure judiciaire à la condamnation de son client Steve Zountidé Amoussou. Dans le cas échéant, l’avocat sollicite de la Chambre des appels de garder au moins le quantum de la peine de prison du prévenu. 

Selon Me Aboubacar Baparapé, la requalification faite par le juge de la chambre de jugement ouvre la porte à d'autres dérives. L’homme de droit précise que les débats n’ont pas été faits sur la requalification des infractions retenus par le premier juge. Pour l’examen au fond, Me Aboubacar Baparapé a souhaité que la chambre des appels se limite à cette première condamnation.  À la suite, le président de la chambre des appels rappelle à Me Aboubacar Baparapé qu'il n'a pas fait appel au principal et que son appel dans le dossier est un appel incident. Des observations auxquelles Me Filbert Béhanzin s'est associé.

Après la défense, Steve Amoussou a pris la parole en dernière position. Il s'est associé ensuite aux demandes de ses avocats. Le dossier a été mis en délibéré pour le lundi 15 décembre 2025, rapporte l'envoyé spécial de Libre Express.