Bonne nouvelle pour Raymond Adékambi devant la chambre des appels de la CRIET. Condamné le lundi 14 avril 2025 par la chambre correctionnelle de la CRIET  dans deux différents dossiers, Raymond Adékambi a fait appel de ces différents verdicts. Ce lundi 8 décembre 2025, les juges de la Chambre des appels ont rendu un verdict dans son premier dossier en annulant cette décision et en se déclarant incompétente.  

Dans ce premier dossier, Raymond Adékambi est poursuivi pour abus de confiance par le Libanais Koudeih Mahmoud. Le plaignant reproche à l’ex-patron de l’Agence d’exécution des travaux d’intérêts publics (AGETIP-Bénin) de n’avoir pas payé une prestation alors que les fonds ont été décaissés par l’État béninois. L’entrepreneur s’est plaint d’avoir fini son travail depuis 2015 sans être payé. Le montant de cette facture  est de plus de 100 millions.

Le plaignant reconnaît que Adékambi a lui déjà payé 57,2 millions FCFA et qu'il lui doit encore 62 868 458 FCFA.  Lors du procès devant la chambre correctionnelle, le ministère public avait requis l'incompétence de la chambre correctionnelle au motif que le montant réclamé par le Libanais Koudeih Mahmoud n'atteint pas 100 millions FCFA d'amendes. La CRIET n'est compétente que pour les dossiers dépassant 100 millions FCFA, rapporte l'envoyé spécial de Libre Express.

Dans un verdict rendu le lundi 14 avril 2025 dans ce dossier, le premier juge a requalifié les faits d'abus de confiance en « abus de confiance et blanchiment de capitaux ». Le juge a eu la main lourde. Il a condamné Raymond Adékambi a 36 mois de prison ferme et plus de 188 millions FCFA d'amendes. La Cour a également décerné un mandat de dépôt contre Adékambi. Il a aussi condamné l'ex-DG de l'AGETIP Bénin a payé un peu plus de 62 millions à l'entreprise BTP du Libanais qui a porté plainte. La confiscation de 6 parcelles nues sises à Kétou et appartenant à Adékambi a été ordonnée. 

Mais, la Chambre des appels de la CRIET a annulé ce lundi 8 décembre 2025 cette décision et a donné raison au ministère public. 

Un procès toujours en cours dans son second dossier 

Le procès en appel dans son second dossier de Raymond Adékambi est toujours en cours devant la CRIET. Ce deuxième dossier est relatif à un présumé détournement d'un montant de 1,6 milliards de francs CFA, un représentant de la partie civile avait témoigné à la barre lors du procès devant le premier juge. Il s'agit d'un actionnaire de l'AGETIP-Bénin. Ce dernier a expliqué qu'une enveloppe de plus de 1,6 milliard FCFA a été débloquée pour la réalisation de certains projets mais ces projets pour lesquels ces fonds ont été alloués n'ont jamais démarré.

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Selon la déposition de l’actionnaire,  cette importante somme provient des partenariats de financement des projets noués par le ministère du Cadre de vie. Ces financements sont prévus pour être assurés par la BOAD et la BIDC à hauteur de cinq milliards FCFA et de quatre milliards FCFA. Ainsi, les deux institutions ont débloqué neuf cent (900) millions FCFA et sept cent (700) millions francs CFA pour la réalisation des travaux. Mais à l'arrivée, l'État béninois a ordonné le blocage du démarrage desdits projets pour une question de priorité.

Devant les juges de la CRIET, ce représentant de la partie civile confiait que l'Assemblée générale des actionnaires a constaté la mystérieuse disparition des 1,6 milliard francs CFA des caisses de l’AGETIP Bénin. C'est ainsi qu'une procédure judiciaire a été engagée par les autres actionnaires contre Raymond Adékambi et son co-prévenu. Toutes les demandes de remise en liberté provisoire des prévenus ont été rejetées par le juge de la chambre de jugement 

Dans son verdict rendu le lundi 14 avril 2025 dans ce dossier, la chambre correctionnelle de la CRIET a requalifié pour Adékambi les charges en « abus de confiance et blanchiment de capitaux ». Pour son coprévenu, Kotin Noudehounénou, les faits ont été requalifiés en « recel d'abus de confiance ». 

Pour ces faits, Raymond Adékambi a écopé de cinq (5) et 4 milliards FCFA d'amendes et 2 milliards de dommages-intérêts. Il doit verser au total plus de 6 milliards FCFA d'amendes et dommages-intérêts. Le premier juge de la CRIET avait aussi ordonné la confiscation de son hôtel les résidences Céline sis à Kétou et sa maison à PK10.