L’ancien ministre délégué chargé de la Défense nationale s’est présenté au parquet spécial de la CRIET aux environs de midi ce vendredi 19 décembre 2025. Il a d’abord été reçu par le procureur spécial près la CRIET avant de comparaître devant les juges de la commission d’instruction. Son audition, entamée en début d’après-midi, s’est poursuivie jusque tard dans la nuit.

À 21 h 38, l’opposant a été aperçu entrant dans la salle d’audience pour se présenter devant le juge des libertés et de la détention, vêtu d’un costume-cravate. D’un geste de la main, il a brièvement salué les journalistes présents. L’ex-ministre n'a pas été menotté, a constaté le correspondant de Libre Express.

C’est à cette étape ultime de son audition devant le juge des libertés et de la détention (JLD) que la décision est tombée. Candide Azannaï a été placée sous mandat de dépôt après une heure du matin ce vendredi 20 décembre 2025, de même que plusieurs autres personnes entendues dans un autre dossier liée à la même affaire de putsch déjoué. Il s'agit d'au moins cinq militaires qui ont été également placés sous mandat de dépôt. Selon les premières informations, les chefs d’accusation retenus contre Candide Azannaï sont notamment : « Complot contre l'autorité de l'État et provocation directe à la rébellion »

Quant aux militaires, les chefs d'accusation retenus sont : « Non dénonciation de crimes et complots contre la sûreté de l'État ». Une seule femme a été placée sous contrôle judiciaire dans le dossier. L’affaire est désormais renvoyée en instruction. 

Après la décision du juge des libertés et de la détention, Candide Azannaï et plusieurs autres personnes placées en détention préventive ont été transférés en prison un peu après 2 heures ce samedi 20 décembre 2025. Les policiers qui l'ont transféré en prison lui ont un mis un gilet anti-balle avant de le placer dans le véhicule qui l'a conduit en détention, rapporte l'envoyé spécial de Libre Express.

Le Président du parti politique Restaurer l’Espoir (RE), Candide Azannaï a été interpellé à Cotonou le vendredi 12 décembre 2025 au siège de sa formation politique par des hommes en civil, appuyés par des agents de la Police républicaine. Selon des témoins présents sur les lieux, ces individus l’attendaient à proximité du siège de son parti. À son arrivée, ils se sont approchés de lui pour lui demander de les suivre. L’ancien ministre se serait exécuté sans opposer la moindre résistance. Quelques instants plus tard, un véhicule 4x4 transportant des agents armés est venu renforcer le dispositif. Le convoi a ensuite pris la direction des locaux de la Police judiciaire, situés à Akpakpa, dans les anciens bâtiments de la Brigade économique et financière (BEF).

L'opposant avait été entendu dans les locaux de la Police judiciaire à Cotonou. À l’issue de cette audition, l’homme politique a été placé en garde à vue dans la nuit du samedi 13 décembre 2025, peu avant 00h30, à l’issue de son audition par les enquêteurs. 

À la veille du coup d'État déjoué, l’ancien ministre, qui avait prévu d’organiser une manifestation de sensibilisation à l'endroit de la population dans la commune de Sèmè-Podji, s’était vu interdire cette activité par la Police républicaine. Une décision qu’il avait vivement dénoncée, tout comme certains de ses partisans dont l'opposant Sabi Sira Korogoné. Ce dernier, désormais visé par un mandat d'arrêt international pour les mêmes raisons au même titre que l'activiste Stellio Gilles Robert Capo-Chichi alias Kemi Seba.

Au lendemain de l’échec du putsch, celui qui se présente comme le Président de la résistance nationale, Candide Azannaï avait toutefois condamné fermement la tentative de prise de pouvoir par la force