Peine de prison avec sursis et confiscation des sous dans une affaire de transport illégal de dévises étrangères devant les juges de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET). Après l’audience du lundi 24 novembre 2025, une autre s'est ouverte le lundi 22 décembre pour huit (08) prévenus poursuivis pour des charges de « contrebandes, de transport illégal de devises, de fraudes fiscales et de blanchiment de capitaux ». Parmi les mis en cause figurent des ressortissants nigériens. Ils ont été tous placés en détention préventive depuis le 05 novembre 2025. Convoqués à la barre pour répondre des faits mis à leur charge par le parquet spécial près la CRIET lors d'une précédente audience, les prévenus ont plaidé non coupable. Ils affirmaient ne pas se reconnaître dans les accusations.
Selon les faits présentés lors de l’audience, les mis en cause ont été interpellés à la frontière de Hillacondji, située entre le Bénin et le Togo, alors qu'ils devaient traverser la frontière et entrer dans le Bénin. Les enquêteurs de la police vont saisir chez les huit (08) prévenus 94000 livre Sterling soit plus de 70 millions FCFA et 200 000 dollars soit plus de 112 millions FCFA. Au total, plus de 180 millions FCFA seront saisis par les autorités policières et judiciaires.
À la barre, les prévenus qui ont affirmé lors des enquêtes préliminaires que les différents montants saisis appartiendraient à chacun d'eux vont choisir la dénégation. Devant le juge, ils affirment que tout l’argent appartient au principal prévenu qui serait le nommé Issoufou.
Les réquisitions du ministère public
À l’audience du lundi 22 décembre 2025, le ministère public représenté par le premier substitut du procureur spécial près la CRIET a fait ses réquisitions dans le dossier. Le parquet spécial a requis la relaxe au bénéfice du doute de six prévenus parmi les huit (08).
Néanmoins, le ministère public a demandé à la Cour de retenir deux autres prévenus dont le nommé Issoufou dans les liens de la prévention des faits de « violation des règles de transport monétaire de l’UEMOA». Il a requis contre ces deux prévenus vingt-quatre (24) mois de prison dont 6 fermes ainsi que la confiscation des plus de 180 millions FCFA saisis chez eux.
Verdict de la Cour
Dans son verdict, la chambre correctionnelle de la CRIET a requalifié les faits mis à leur charge en « contrebande de devises monétaires ». Pour ces faits, la juridiction spéciale leur a condamné à 24 mois de prison assortis de sursis et à cent mille (100 000 ) francs CFA d'amendes. Par ailleurs, elle a ordonné la confiscation des 94000 livres Sterling soit plus de 70 millions FCFA et des 200 000 dollars soit plus de 112 millions FCFA. Au total, la Cour a ordonné la saisie de plus de 180 millions FCFA chez les prévenus. Selon la décision, les prévenus disposent de 15 jours pour faire appel de cette décision, rapporte l'envoyé spécial de Libre Express.
Selon les règles de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), les citoyens ne doivent pas circuler dans l'espace UEMOA avec autant d’argent en espèces. Les textes fixent le seuil d’espèce à transporter à 10 millions FCFA. Toute personne transportant une somme égale ou supérieure à ce seuil entre les pays membres de l’UEMOA devra obligatoirement le signaler aux autorités douanières concernées. Ces dispositions visent à renforcer le mécanisme régional de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
