C'est une figure marquante de l'histoire récente de la Guinée qui s'est éteinte cette semaine. Le colonel Claude Pivi, surnommé « Coplan », est décédé mardi 6 janvier 2026 à l'hôpital militaire de Conakry, des suites d'une « hypoglycémie sévère », a annoncé le Parquet général près la Cour d'appel de la capitale guinéenne.
Ancien bras droit du capitaine Moussa Dadis Camara, qui a dirigé la Guinée d'une main de fer entre 2008 et 2009 à la tête d'une junte militaire, Claude Pivi était une personnalité crainte et redoutée dans le pays. Certaines personnes lui prêtaient même des « capacités mystiques », d'où son surnom de « Coplan », en référence à un célèbre personnage de fiction.
Décès lié à des problèmes de santé
Selon le communiqué du Parquet général, le décès de Claude Pivi est lié à des problèmes de santé chroniques dont il souffrait. Le détenu « faisait l'objet d'un suivi médical régulier » pour un « diabète chronique, une hypertension artérielle et une maladie articulaire (goutte) ».
Mais, « la non observance du traitement a conduit le 4 janvier 2026 à une hypoglycémie sévère qui a nécessité son évacuation d'urgence à l'hôpital militaire du Camp Alpha Yaya TOURE », précise le communiqué. Malgré deux jours de soins intensifs, l'ancien colonel est finalement décédé « dans un tableau de coma hypoglycémique sévère, selon son médecin traitant ».
Une autopsie a été ordonnée « dans un souci de manifestation de la vérité » sur les circonstances exactes du décès.
Le Parquet général a présenté ses « condoléances attristées à la famille éplorée et au peuple de Guinée » suite à la disparition de cette figure marquante de l'histoire récente du pays.
Condamné en 2024 à la réclusion criminelle à perpétuité
Âgé de 65 ans, Claude Pivi avait été condamné le 31 juillet 2024 par le Tribunal de première instance de Dixinn à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une période de sûreté de 25 ans. Il était reconnu coupable de « crimes contre l'humanité du fait de responsabilité de commandement liés aux événements survenus le 28 septembre 2009 » au stade du même nom à Conakry.
Ces événements tragiques, connus sous le nom de « massacre du 28 septembre », ont fait des dizaines de morts parmi les manifestants rassemblés pour dénoncer la prolongation du pouvoir de la junte militaire. Claude Pivi, en tant que bras droit du capitaine Dadis Camara, était considéré comme l'un des principaux responsables de cette répression sanglante.
Après son évasion, il avait finalement été interpellé au Liberia et écroué à la maison centrale de Conakry pour purger sa peine.
