Le parti d’opposition Les Démocrates sort de son mutisme 48 heures après l’arrestation de son vice -président Alassane Tigri. Selon la formation politique, les faits se sont déroulés le mercredi 28 janvier 2026 en fin d’après-midi, alors qu’Alassani Tigri venait de rentrer chez lui après une consultation médicale.

Le communiqué affirme qu’« un important dispositif policier s’est introduit de manière brutale à son domicile » et que le vice-président du parti a été « interpellé manu militari, devant sa famille profondément choquée ». Pour l’opposition, cette opération pose un problème de forme.

Alors que des informations ont circulé sur les réseaux sociaux faisant état de convocations restées sans suite, le parti conteste fermement cette version. « Aucune convocation ne lui a jamais été régulièrement notifiée, ni à son domicile ni ailleurs », assure-t-il, y voyant « une fois encore, le non-respect des procédures légales en vigueur en matière d’interpellation ».


Une interpellation contestée

Le lendemain de son interpellation, Alassani Tigri a été présenté à la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET). À l’issue de son audition, il a été placé en détention provisoire dans le cadre d’une enquête portant sur des faits qualifiés de « complot contre la sûreté de l’État », en lien avec les événements survenus le 7 décembre 2025 à Cotonou.

Une décision qui, selon Les Démocrates, a provoqué « une vive émotion au sein de la classe politique, de la société civile ainsi que parmi ses proches ». Le parti rappelle que son vice-président est « reconnu comme une figure respectée de la vie publique béninoise, attachée aux valeurs démocratiques, à la paix sociale et à l’État de droit ».


Le parti rappelle la position de Tigri contre toute prise du pouvoir par la force


Face aux soupçons qui pèsent sur son cadre, Les Démocrates s’emploient à rappeler la posture politique de l’intéressé après les événements du 7 décembre. « Conformément à la ligne politique du Parti Les Démocrates, qui rejette toute prise du pouvoir par la force, Alassani Tigri a condamné de manière claire et sans équivoque toute atteinte à l’ordre constitutionnel », souligne le communiqué.


Pour l’opposition, cet élément plaide en faveur d’une lecture prudente du dossier, loin de toute interprétation hâtive ou politique des faits reprochés. Au cœur de la réaction du parti figure également un rappel de principe juridique fondamental.

Les Démocrates insistent sur le fait que « nul ne peut être présumé coupable du seul fait d’un lien de filiation, de parenté ou de proximité ». La formation politique martèle que « la responsabilité pénale est individuelle » et ne peut reposer sur « des considérations étrangères aux faits matériellement établis ».


Appel à une justice indépendante et au respect des droits de la défense

À ce stade de la procédure, l’opposition estime que « les contours exacts de cette affaire demeurent flous » et appelle à ce que toute mise en cause soit fondée uniquement sur « des preuves claires, objectives et juridiquement établies ».


Dans son communiqué, le parti Les Démocrates en appelle solennellement à l’institution judiciaire béninoise. Il plaide pour « une justice impartiale, indépendante et respectueuse des droits de la défense, conformément aux principes constitutionnels et aux engagements internationaux de notre pays ».


L’état de santé d’Alassani Tigri est également mis en avant comme un motif de préoccupation. Le parti souhaite que « toute la lumière soit faite dans les meilleurs délais », afin de permettre à son vice-président de « recouvrer sa liberté », compte tenu des « vives préoccupations » suscitées par sa situation médicale.