La chambre criminelle du Tribunal de Grande Instance (TGI) de Bobo-Dioulasso a examiné lundi une affaire de viol aggravé impliquant Madou (nom d’emprunt), un cultivateur de 32 ans, père de deux enfants et vivant en union libre avec deux femmes à Noumoudara.

Les faits remontent au 24 septembre 2025. Selon le dossier, la victime, Orokia, 13 ans, s’était rendue à Noumoudara depuis Ouagadougou pour assister aux obsèques de son père. Madou l’a approchée en lui promettant de la présenter à son jeune frère résidant en Côte d’Ivoire. Lors d’un rendez-vous, l’accusé a finalement conduit la fillette à son domicile vers 20 heures et l’a contrainte à avoir des rapports sexuels.

À la barre, Madou a reconnu les faits sans détour. « C’est moi qui ai commis ces faits. La fillette me plaisait beaucoup. Elle m’a dit qu’elle allait repartir à Ouagadougou. Je ne voulais pas la perdre », a-t-il déclaré. Interrogé par le juge, il a admis avoir forcé la victime à trois reprises dans la même nuit, malgré ses pleurs et sa résistance. L’accusé a également reconnu ignorer son statut concernant d’éventuelles maladies sexuellement transmissibles, rapporte le correspondant de Libre Express à Ouagadougou. 

La victime, entendue par le tribunal, a confirmé avoir été contrainte. Son avocat a souligné le jeune âge de la fillette et réclamé 500 000 francs CFA au titre des frais médicaux. La famille n’a formulé aucune demande concernant le préjudice moral.

Le parquet, estimant les faits « amplement caractérisés » et ne retenant aucune circonstance atténuante, a requis une peine d’emprisonnement de 20 ans ferme assortie d’une amende de 2 millions de francs CFA. L’avocat de la défense a plaidé la clémence tandis que l’accusé, en son dernier mot, a demandé pardon.

Le verdict sera rendu le lundi 23 février 2026. L’accusé, interpellé en octobre 2025 puis déféré devant le parquet, demeure en détention préventive depuis cette date.

Adams Khaled