Rebondissement dans l'affaire du scandale de corruption révélé depuis décembre 2025 au Burkina Faso. Les prévenus sont poursuivis pour « corruption ou complicité de corruption, blanchiment de capitaux, détention illégale d’arme, trafic d’influence, abus de fonction, complicité de divulgation de l’identité de témoin protégé », au terme des débats jeudi 12 février 2026.
Dans ses réquisitions, le parquet a soutenu que les faits de « corruption et de détention illégales d’arme à feu » reprochés à l’inspecteur des Douanes, Oumarou Yaméogo, sont « entièrement constitués ». Pour la même partie, les faits de « corruption et de blanchiment de capitaux » reprochés au mis en examen, Urbain Méda « sont constitués », a établi le magistrat Ousmane Tiendrébéogo qui a indiqué également que le prévenu Sandaogo Antoine Kaboré « est coupable des faits de complicité de corruption d’agent public, trafic d’influence et blanchiment de capitaux ».
Le magistrat a affirmé que les faits reprochés au détenu Mohamed Traoré à savoir, « complicité de corruption d’agent public, trafic d’influence, abus de fonction et blanchiment de capitaux », sont clairement établis de même que les faits de « corruption d’agent public, divulgation illégale de l’identité d’un témoin protégé et de blanchiment de capitaux », reprochés au juge d’instruction, Alban Balanoé Somé.
Dans ce dossier qui a déclenché la poursuite contre les prévenus, l’auteur de la citation directe, Zindi Désiré Nikièma, douanier de profession, est coupable des faits de « corruption d’agent public et de divulgation illégale de l’identité d’un témoin protégé », selon le substitut du procureur du Faso, Ousmane Tiendrébéogo.
Le procureur général Jean-Jacques Ouédraogo, lui, est coupable des faits de « corruption d’agent public et de soustraction de pièces de procédure de même que de blanchiment que capitaux », a établi le juge Ousmane Tiendrébéogo. Selon le juge, l’avocat Arnaud Sampébré est coupable des faits de « divulgation illégale de l’identité d’un témoin protégé ».
Conformément aux dispositions relatives à ces infractions, le parquet a demandé à la chambre de jugement de condamner Oumarou Yaméogo à « une peine d’emprisonnement de 24 mois, dont 12 mois ferme, et une amende de 12 045 000 francs ferme » contre « une peine d’emprisonnement de 24 mois fermes, et une amende ferme de 12 045 000 francs » pour le magistrat Urbain Meda, rapporte Wakatsera
Pour rappel, dans un communiqué, les autorités burkinabè avaient annoncé en décembre 2025, avoir démantelé un vaste réseau de corruption impliquant treize agents des douanes, dix magistrats et un avocat, tous interpelés dans le cadre de cette affaire qui remonte à mai 2021.
Le capitaine Farouk Azaria Sorgho responsable du « KORAG », une instance chargée de contrôler la mise en œuvre de la vision stratégique du Burkina Faso a fait des révélations.
Selon le KORAG, l’Autorité Supérieure de Contrôle d’Etat et de lutte contre la corruption, des agents des douanes du Burkina Faso « se seraient rendus coupables de faits de corruption et de blanchiment de capitaux, exigeant des conducteurs routiers le paiement de sommes d’argent pour laisser passer des camions en dépit de leur dédouanement régulier au bureau des douanes de Ouaga Inter ».
