Désormais pensionnaire d’une geôle dans son pays, l’ancien président Yoon Suk-yeol déclaré coupable d’insurrection. « Concernant l'accusé Yoon Suk-yeol, le crime de direction d'une insurrection est établi », a déclaré le juge Ji Gwi-yeon, du tribunal du district central de Séoul.
« Nous condamnons Yoon à la prison à vie » pour avoir mené une insurrection, a déclaré le juge Ji Gwi-yeon, du tribunal central du district de Séoul, en lisant son verdict, jeudi 19 février. L'ancien dirigeant conservateur a donc échappé à la peine capitale, qui avait été requise par le parquet, même si aucune exécution n'a eu lieu en Corée du Sud depuis 1997.
Condamné à la prison à perpétuité, Yoon Suk-yeol avait déclaré la loi martiale et ordonné à l'armée d'investir l'Assemblée nationale, dans une allocution « surprise » le soir du 3 décembre 2024. Plusieurs médias rappelle qu’un nombre suffisant de députés avait réussi à se faufiler dans l'hémicycle, cerné par les soldats. Les députés avaient voté une résolution contre ce coup de force, obligeant l’ex président Yoon Suk-yeol à faire marche arrière.
Le gouvernement Yoon Suk-yeol sous le sceau de la condamnation
Six heures, après ce coup de force à l’Assemblée nationale, ce qui a déclenché une profonde et longue crise politique dans le pays, le régime civil avait été suspendu. Destitué en avril 2025 pour ces faits, l’ex dirigeant Yoon a comparu détenu, ainsi que d’anciens ministres aussi condamnés, devenant ainsi le troisième ex-président sud-coréen condamné pour «insurrection».
Au cœur de plusieurs autres procès, dont il a toujours nié tout méfait, l’ex dirigeant sud-coréen affirmait à chaque comparution, avoir agi pour « préserver la liberté » et restaurer l'ordre constitutionnel contre ce qu'il a qualifié de « dictature législative » de l'opposition, qui domine le Parlement et bloquait ses projets. Plusieurs membres de son gouvernement avaient été condamnés.
Déclaré coupable par le tribunal, l'ex-ministre de la Défense Kim Yong-hyun a été condamné à 30 ans de prison. Fin janvier, l'ex-Premier ministre Han Duck-soo a écopé de 23 ans d'incarcération, contre 15 requis par le parquet. Lee Sang-min, alors ministre de l'Intérieur de l'époque, a été condamné à sept ans de prison la semaine dernière, pour son rôle dans ce scandale où l’armée avait été ordonnée à investir l’assemblée nationale.
Dans sa décision, la justice sud-coréenne estime que l’ex-chef d’État a « bafoué les procédures légales et eu recours à la violence pour tenter de paralyser l’Assemblée nationale et de saper les normes démocratiques ».
