La troisième audience du procès du député Soumaïla Sounon Boké tenu ce mardi 24 février  n’a pas permis à ces avocats d'obtenir sa mise en liberté provisoire. Le député retourne en détention en attendant le 24 mars prochain, date de sa nouvelle comparution. 

Lors de la précédente audience tenue le 13 janvier 2026, les conseils du parlementaire, notamment Me Aminou Padonou et Me Aboubacar Baparapé, avaient soulevé une exception de nullité. Ils contestent en trois points la régularité de la procédure engagée en flagrant délit par le parquet spécial de la CRIET, estimant que le délai de garde à vue au Centre national d’investigations numériques (CNIN) aurait excédé la durée légale, passant de huit (08) à neuf (09) jours, les faits reprochés des messages publiés le 7 décembre 2025, jour de la tentative de coup d’État déjouée au Bénin ne sauraient justifier une procédure de flagrance, l’interpellation étant intervenue plusieurs jours plus tard, en sa qualité de député du parti Les Démocrates, une levée préalable de l’immunité parlementaire aurait dû être sollicitée avant toute poursuite.

En réponse, la substitut du procureur spécial avait soutenu que le calcul des délais devait tenir compte des jours non ouvrables liés aux fêtes de fin d’année. La Cour avait alors décidé de joindre l’exception au fond et de poursuivre l’instruction.

Le député maintient sa ligne de défense

Accusé d’apologie de crime contre la sûreté de l’État et d’incitation à la haine, Soumaïla Sounon Boké a plaidé non coupable. Concernant le message litigieux « C’est la fête », publié dans le groupe WhatsApp Banikoara News, il affirme qu’il s’agissait d’une erreur de manipulation. Selon ses explications, le message était destiné à un autre groupe d’amis organisant une cotisation pour l’achat d’un mouton en vue d’une célébration.

Le parlementaire a également déclaré rejeter toute forme de violence ou de coup d’État, affirmant : « Je ne vois pas l’opportunité de faire un coup d’État à un président qui a décidé de quitter le pouvoir ».