Âgé de 41 ans et originaire du Maryland, Fodé Sitafa Mara a été reconnu coupable à l’issue d’un procès de deux semaines tenu en octobre 2025 devant un tribunal fédéral de district. Le ministère américain de la Justice a annoncé que la condamnation à la prison à vie a été prononcée mercredi 25 février, à la suite du verdict du jury.

Les jurés l’ont déclaré coupable de quatre chefs d’agression sexuelle aggravée sur mineur. À ces infractions s’ajoutent des accusations de tentative de coercition et d’incitation d’un mineur, ainsi que de tentative d’entrave à la justice.

Les poursuites s’inscrivent dans le cadre du Projet Enfance Protégée, une initiative nationale lancée en 2006 par le ministère américain de la Justice pour combattre l’exploitation sexuelle des enfants, y compris lorsque les faits sont commis hors du territoire américain.


Des faits commis à Ouagadougou dans un logement officiel

Selon l’acte d’accusation, les abus se sont déroulés en 2022 et 2023 à Ouagadougou, alors que l’accusé était en poste au sein de la représentation diplomatique américaine au Burkina Faso. Les éléments présentés au tribunal indiquent que les faits ont eu lieu dans une résidence louée par le personnel diplomatique. Ce logement, affecté à un usage officiel, relevait de la juridiction américaine.

Cette particularité juridique a permis aux autorités des États-Unis d’engager des poursuites devant une juridiction fédérale, malgré la commission des faits à l’étranger. Les deux victimes, âgées de 13 et 15 ans au moment où les abus ont débuté, vivaient dans un contexte de grande vulnérabilité. Le parquet a soutenu que l’accusé avait exploité cette situation pendant près d’un an.


Exploitation de la détresse familiale

D’après les déclarations des autorités, l’homme aurait tiré profit de la maladie potentiellement mortelle de la mère des adolescentes. Il leur aurait fait comprendre qu’il ne pourrait leur apporter aucune aide sans contrepartie sexuelle.

Le Bureau des affaires publiques a également indiqué que l’accusé avait fourni des téléphones aux jeunes filles afin de pouvoir les contacter lorsque son épouse était absente de leur domicile. Les enquêteurs ont par ailleurs établi qu’il avait adressé des messages à caractère sexuel explicite à l’une d’elles.


Dans le cadre de la procédure, il a aussi été reconnu coupable d’avoir tenté de convaincre une employée de maison de fournir des informations trompeuses aux enquêteurs, constituant ainsi une tentative d’entrave à la justice.


Coopération judiciaire et message de fermeté

L’enquête a été conduite par les autorités américaines, avec l’appui du Burkina Faso. Cette collaboration a permis de documenter les faits et de réunir les preuves présentées au jury. À l’issue du jugement, les responsables judiciaires américains ont insisté sur la portée symbolique et dissuasive de la peine.

« Ses crimes étaient répréhensibles. Bien qu’aucune peine ne puisse réparer le mal qu’il a causé, le verdict d’aujourd’hui démontre que ceux qui maltraitent des enfants  que ce soit au pays ou à l’étranger  devront répondre de leurs actes devant la justice américaine », a déclaré le procureur général adjoint A. Tysen Duva. La procureure fédérale du district du Maryland, Kelly Hayes, a, de son côté, martelé : « Notre message est clair : ceux qui s’en prennent à nos enfants en paieront le prix fort ».


Dans un communiqué publié après le prononcé de la sentence, les autorités américaines ont souligné que la condamnation à perpétuité reflète la gravité exceptionnelle des faits et illustre la détermination du gouvernement à poursuivre les auteurs d’abus sexuels sur mineurs, y compris lorsque ces infractions sont commises à l’étranger par des citoyens américains.