Ils étaient treize enfants âgés de 7 à 17 ans à incarner les rôles de juge, procureur, avocat et greffier. Devant un public attentif réuni au Centre culturel et récréatif intercommunautaire, ces jeunes ont reconstitué une audience judiciaire autour d'une affaire de délinquance juvénile.

Le scénario imaginé pour cette simulation plongeait les participants dans une réalité préoccupante de la société béninoise : celle des vols de câbles électriques et d'équipements publics qui privent des quartiers entiers d'éclairage et exposent les populations à l'insécurité.

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Le promoteur de l'événement, Junior Déguénon, a justifié cette démarche par une conviction profonde. « Nous sommes ici parce que nous croyons profondément qu'un enfant qui comprend la loi est un enfant mieux protégé, un enfant plus responsable, un enfant plus libre », a-t-il déclaré. Il a souligné le choix fort fait à Ouidah de ne pas réserver l'éducation juridique aux seuls enfants dont les parents ont les moyens financiers.

Selon lui, trop d'enfants grandissent aujourd'hui sans repères juridiques, exposés aux erreurs, aux mauvaises influences, et parfois même à la détention.

La marraine de l'événement, Innocentia Apovo Monteiro, a apporté son témoignage d'actrice confrontée quotidiennement aux réalités judiciaires.

« Dans l’exercice de mes missions, je suis confrontée à une réalité parfois douloureuse : je vois des enfants et des adolescents victimes, mais également auteurs et parfois complices d’actes répréhensibles. Cette réalité nous interpelle tous », a-t-elle déclaré. Elle a insisté sur l'importance de programmes comme celui initié par Junior DEGUENON qui introduit les enfants aux fondamentaux du droit, à la compréhension du fonctionnement de la justice, mais aussi à l'éducation citoyenne, au civisme et à la prise de parole en public.

Les enfants ont presté « avec assurance, rigueur et talent », selon Innocentia Apovo Monteiro

La mise en scène du procès fictif a permis d'illustrer la complexité des responsabilités dans les affaires de délinquance. Quatre jeunes ont été présentés devant une CRIET fictive. Éric et Frédy étaient les auteurs directs des vols de câbles et d'équipements.

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Dan, leur ami, avait mis à disposition son tricycle pour transporter les objets dérobés. Louis avait accepté de cacher le butin dans sa maison en attendant la revente. Dan soutenait qu'il ne volait pas et affirmait ne faire que prêter son engin. Pourtant, sans son aide, les objets volés ne pouvaient pas être déplacés, illustrant la difficulté à distinguer les auteurs directs des complices indirects.

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Innocentia Apovo Monteiro a salué les enfants qui ont presté « avec assurance, rigueur et talent ». Elle y a vu la preuve « que lorsque nous investissons dans l’intelligence et le potentiel de nos enfants, ils nous surprennent et nous élèvent ».

Pour elle, ce programme « permet d’anticiper, d’orienter, d’éduquer et de préparer les enfants à faire face aux défis de ce monde moderne ultraconnecté où les faux enseignements via les réseaux sociaux sont plus accessibles et produisent des contre effets de l’éducation familiale et scolaire ».

Les procès fictifs sont des exercices couramment utilisés pour former à la plaidoirie et à la procédure judiciaire. Ils peuvent également être organisés pour sensibiliser le public à des questions de société. Celui de Ouidah a rempli cette double fonction éducative et citoyenne.

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Face à l'obscurité persistante dans certaines zones et à l'insécurité grandissante liée au vandalisme des équipements publics, cette initiative offre une occasion unique de réfléchir collectivement à la délinquance juvénile et aux moyens de protéger les infrastructures essentielles à la sécurité et au bien-être de tous.