L’état de santé de Candide Azanai jugé préoccupant. Après lui avoir rendu visite vendredi 27 février 2026, son avocat se veut préoccupé. Selon Me Aboubacar Baparapé, l’état de son client « ne va pas bien » et serait en train de se dégrader. D’après les confidences recueillies lors de leurs échanges, l’ancien ministre délégué à la Défense sous la présidence de Patrice Talon souffrirait de problèmes de santé nécessitant une attention particulière.
Le détenu a officiellement sollicité l’autorisation de consulter un médecin de son choix. Une demande adressée au directeur de l’administration pénitentiaire, qui l’a transmise au procureur spécial. « Il a écrit pour demander de se faire consulter par son médecin », confirme l’avocat, précisant que cette consultation serait soumise à l’autorisation préalable de l’administration et prise en charge à ses propres frais.
« Nous sommes en train de faire le lobbying nécessaire pour que sa demande soit agréée par les autorités compétentes, parce que c’est une question de survie pour lui », insiste Me Baparapé.
Un isolement strict dénoncé
Au-delà des préoccupations sanitaires, l’avocat décrit des conditions de détention qu’il qualifie de « très, très exécrables ». Selon ses déclarations, Candide Azannaï serait maintenu en cellule d’isolement 24 heures sur 24, sans possibilité de bénéficier d’un temps de promenade ou d’activité physique, « ne serait-ce qu’une heure », comme cela se pratique généralement pour les autres détenus.
« Quand on dit isolement, ça veut dire qu’il est seul. Il ne sort certainement que lors des visites et à l’occasion de l’arrivée de son avocat », explique-t-il. Toujours d’après les propos rapportés par son conseil, les premiers jours d’incarcération auraient été particulièrement difficiles. Le matelas mis à sa disposition aurait été infesté de punaises, l’obligeant pratiquement à dormir à même le sol.
L’épouse de Candide Azannaï et l’une de ses filles ont pu lui rendre visite, après avoir obtenu un permis avec le concours de son avocat. Me Baparapéa souligne que les visites ne sont pas refusées par l’administration pénitentiaire. Cependant, ces moments resteraient les rares occasions où le détenu quitte sa cellule d’isolement.
Une procédure judiciaire au point mort ?
Sur le plan judiciaire, l’affaire suit son cours devant la commission d’instruction. Poursuivi pour « complot contre l’autorité de l’État » et « provocation directe à la rébellion », le président de Restaurer l’Espoir a été placé sous mandat de dépôt à l’issue de sa comparution devant le juge des libertés, le 19 décembre 2025, après avoir été présenté au procureur spécial de la CRIET. Interpellé le 13 décembre 2025 au siège de son parti, quelques jours après le coup d’État déjoué du 7 décembre, il était jusque-là en garde à vue.
Mais depuis son placement en détention, l’instruction n’aurait pas encore franchi l’étape de l’interrogatoire de première comparution. « La procédure judiciaire est devant la commission d’instruction, qui ne l’a pas encore extrait pour faire l’interrogatoire », déplore son avocat. « Malgré toutes mes diligences pour qu’il puisse être au moins interrogé, qu’il puisse comparaître une première fois, nous sommes là. On ne sait pas à quelle sauce il sera mangé », ajoute-t-il.
Me Baparapéa rappelle que le respect d’un délai raisonnable de jugement fait partie intégrante des droits de la défense. Il affirme avoir attiré l’attention des autorités judiciaires sur la nécessité d’accélérer la procédure. « Je suis en train d’attirer l’attention de l’autorité judiciaire pour que la justice puisse s’accélérer (…) qu’on lui dise ce qu’on a à lui reprocher et qu’il connaisse son sort », plaide-t-il.
Alors que l’affaire reste pendante devant les juridictions compétentes, la défense insiste sur l’urgence d’une prise en charge médicale adéquate et d’un traitement conforme aux droits fondamentaux du détenu.
