Une lourde peine de prison pour un journaliste travaillant dans un quotidien de Porto-Novo. Le verdict de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) est tombé le mardi 24 mars 2026 pour ce journaliste poursuivi avec mandat de dépôt pour « incitation à la rébellion et apologie de crimes contre la sûreté de l'État ». Dans sa décision, la Cour a suivi intégralement les réquisitions faites par le parquet spécial près la CRIET lors de l'audience du mardi 3 février 2026. 

Statuant publiquement et en premier ressort, la Cour a reconnu le journaliste P.M. coupable des faits d'incitation à la rébellion et d'apologie de Coup d'État. Elle a donc condamné le journaliste à 60 mois de prison ferme soit cinq (5) ans et à une amende de dix (10) millions FCFA. Le prévenu dispose de 15 jours pour faire appel de ce verdict, rapporte l'envoyé spécial de Libre Express.

Selon les débats lors de l'audience du mardi 3 février 2026, il est reproché au journaliste P. M. d'avoir publié un texte annonçant la prise de pouvoir par les militaires lors de  la tentative de coup d'État du dimanche 7 décembre 2025 après avoir suivi le discours des mutins sur Bénin TV. Ce geste est interprété par le parquet spécial comme un soutien du journaliste à la déstabilisation de l'ordre constitutionnel. Il sera interpellé et placé en détention préventive.

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Convoqué à la barre lors de l'audience de février 2025, le journaliste a plaidé non coupable. Il reconnaît avoir publié ce premier texte, mais affirme l'avoir fait après des menaces d'un individu rencontré quelques jours auparavant. Selon le journaliste, cet homme l'avait menacé le vendredi 5 décembre 2025 en disant que s'il fallait « nettoyer le pays », c'est par lui qu'ils commenceraient. Craignant pour sa vie et celle de sa famille, le journaliste dit avoir publié par peur ce premier message annonçant le Coup d'État.

Lors de sa déposition, le journaliste affirme avoir publié un deuxième article quelques heures plus tard un message du ministre béninois de l'intérieur annonçant que le Coup d’État avait échoué. Il estime que s'il avait voulu soutenir le putsch, il n'aurait pas fait cette deuxième publication. Le journaliste avait présenté sa carte de presse délivrée par la Haute autorité de l'audiovisuel et de la communication (HAAC) et avait demandé la clémence de la Cour. Il a affirmé avoir laissé sa femme et ses enfants sans rien.

Dans sa réquisition lors de l'audience du mardi 3 février 2026, le ministère public lui a reproché de ne pas avoir porté plainte suite à la menace reçue et de s'être positionné au gré des circonstances. Il avait requis une peine de 5 ans de prison ferme et 10 millions FCFA d'amende.