Ancienne ministre de la Femme, de la Solidarité nationale, de la Famille et de l’Action humanitaire dans le gouvernement de Paul Kaba Thiéba, sous la présidence de Roch Marc Christian Kaboré, Laure Zongo Hien a été reconnue coupable de détournement de fonds publics. La sentence comprend cinq ans de prison ferme, une amende de 10 millions de francs CFA, ainsi qu’un mandat d’arrêt, alors que l’ex-ministre est hospitalisée depuis le 24 mars, selon des sources judiciaires.

Peines lourdes et méthodes frauduleuses révélées par la justice

Le principal accusé du dossier, Yé Yaké Camille, gestionnaire des finances du ministère de l’Action humanitaire, a écopé de la peine la plus lourde : 11 ans de prison ferme et une amende de 462,8 millions de francs CFA. Le juge a ordonné son placement sous mandat de dépôt, tout comme Issiaka Sangaré, condamné à cinq ans de prison ferme et à une amende de 67,5 millions de francs CFA.

Selon le parquet, plus de 3 milliards de francs CFA (soit environ 4,6 millions d’euros) ont été détournés alors qu’ils étaient destinés à venir en aide à plus de deux millions de déplacés internes victimes des attaques terroristes. Les prévenus ont utilisé diverses stratégies pour siphonner ces fonds, notamment surfacturations, contrats fictifs et falsifications de signature.

Cette procédure constitue le deuxième volet de l’affaire dite « Amidou Tiegnan », du nom d’un fonctionnaire déjà condamné pour des détournements similaires en 2024. Après sa condamnation, Amidou Tiegnan avait dénoncé ses collègues, entraînant l’ouverture de ce nouveau procès qui a abouti aux condamnations actuelles.