Un médecin de 38 ans, spécialiste en hématologie et employé du Centre national de transfusion sanguine (CNTS), est arrêté alors qu’il s’apprêtait à quitter le territoire le jeudi 2 avril. Au moment de son interpellation, il aurait tenté de se suicider avant d’être pris en charge en urgence et hospitalisé en réanimation. Une fois hors de danger, il est placé en garde à vue par la Brigade de recherches de Keur Massar.
Les enquêteurs le soupçonnent d’entretenir des relations intimes avec l’animateur de télévision Pape Cheikh Diallo, une figure connue du paysage médiatique sénégalais. Dans ce contexte, il est poursuivi pour « actes contre nature », une infraction prévue par la législation sénégalaise, ainsi que pour association de malfaiteurs. Des accusations de « transmission volontaire du VIH » sont également évoquées, sans que son statut sérologique n’ait été officiellement confirmé à ce stade.
Une enquête élargie et une vague d’interpellations à Dakar
Présenté au juge d’instruction du Tribunal de grande instance de Pikine-Guédiawaye, le médecin est inculpé puis placé sous mandat de dépôt. Un autre suspect connaît le même sort, tandis qu’un troisième est placé sous contrôle judiciaire. Au-delà de ce premier cercle, l’affaire prend rapidement une dimension plus large. Les investigations, menées sous l’autorité de la gendarmerie nationale, conduisent à une série d’arrestations dans plusieurs quartiers de Dakar.
À ce jour, au moins 57 personnes ont été interpellées dans le cadre de ce dossier. Parmi elles figurent un vigile arrêté à la Médina, ainsi qu’un individu surnommé « Petit », interpellé dans un fast-food où il travaillait. Tous deux ont été placés en garde à vue avant d’être présentés à la justice. Les enquêteurs s’appuient notamment sur l’exploitation de téléphones et d’outils techniques pour établir d’éventuels liens entre les suspects.
Un agent technico-commercial de la Société Nationale d’Électricité du Sénégal (Senelec), basé à Mbacké, est également impliqué. Toujours en garde à vue après prolongation de sa détention, il doit être présenté prochainement au juge d’instruction. Lors de son audition, il aurait livré des informations susceptibles d’élargir encore le périmètre de l’enquête, laissant entrevoir d’autres interpellations à venir.
Réactions du public et mesures de sécurité du CNTS face aux rumeurs
Dans l’opinion publique, l’affaire a pris une tournure particulière en raison du profil du principal mis en cause. Médecin hématologue, il s’était illustré par des actions sociales, notamment des consultations gratuites organisées dans des villes comme Touba et Diourbel, au profit de populations vulnérables.
Son arrestation a surtout suscité une vague d’inquiétude en ligne. De nombreux internautes ont exprimé des craintes quant à une possible contamination de poches de sang au VIH, en raison de sa fonction au sein du CNTS. Ces rumeurs, largement relayées, ont contribué à installer un climat de psychose.
Face à cette situation, le Centre national de transfusion sanguine a tenu à rassurer. Dans un communiqué, l’institution rappelle que chaque don de sang fait l’objet de contrôles stricts, incluant des tests systématiques de dépistage du VIH. « Donner son sang reste un acte sûr », ont insisté les responsables, une position également soutenue par les autorités.
