D’après des informations relayées par RFI, cette délégation béninoise serait composée de hauts responsables, témoignant de l’importance accordée à ce dossier. Sur le plan judiciaire, les démarches ont été enclenchées sans délai. Une requête formelle d’extradition a été transmise aux autorités sud-africaines, tandis que l’appareil judiciaire béninois s’est mobilisé pour consolider le dossier.

Les poursuites engagées contre Kemi Seba reposent sur deux chefs d’accusation distincts : blanchiment de capitaux et apologie de crime. Ces charges s’inscrivent dans un contexte de relations de plus en plus tendues entre l’activiste et le pouvoir en place à Cotonou.

Au fil des années, Kemi Seba s’est illustré par ses prises de position virulentes contre Patrice Talon, à la tête du pays depuis 2016. Une hostilité persistante qui s’est accentuée à mesure que l’échéance de la fin de mandat approchait, avec la récente élection de Romuald Wadagni lors du scrutin du 12 avril.

Pourtant, les autorités béninoises avaient auparavant fait preuve de retenue. En septembre 2023, après une interpellation à Cotonou, l’activiste avait été rapidement remis en liberté. Mais les relations se sont depuis nettement dégradées. En mai 2024, il affirmait détenir des éléments attestant de la présence de forces françaises dans le nord du Bénin, une déclaration qui avait suscité de vives réactions. Plus récemment, ses prises de position jugées favorables à la tentative de coup d’État du 7 décembre ont renforcé les tensions.

Une audience consacrée à la demande d’extradition introduite par le Bénin devrait se tenir devant les juridictions sud-africaines. Toutefois, aucune confirmation officielle ne permet pour l’heure de savoir si cette étape a déjà eu lieu ou si elle sera examinée lors de la prochaine audience annoncée pour le 20 avril.