Le premier volet examiné par le tribunal concerne la situation administrative de Kémi Séba sur le territoire sud-africain. Présent dans le pays depuis environ cinq mois, il aurait dépassé la durée légale de son visa depuis près de deux mois, selon son entourage. Au moment de son arrestation, l’activiste se préparait, d’après les autorités, à franchir la frontière avec le Zimbabwe. Cette situation de séjour irrégulier constitue la base de la procédure en cours et pourrait influencer directement la décision du tribunal quant à son maintien en détention ou à une éventuelle remise en liberté.
L’affaire ne se limite toutefois pas à un simple contentieux administratif. Les autorités sud-africaines évoquent une opération d’infiltration menée en coordination avec Interpol, qui a conduit à son arrestation. Cette intervention s’inscrit dans un contexte plus large : Kémi Séba est activement recherché par les autorités du Bénin. Un mandat d’arrêt international a été émis à son encontre après son soutien à la tentative de coup d’État de décembre 2025 visant le régime du président Patrice Talon.
En parallèle, la question d’une éventuelle extradition vers Cotonou s’invite dans la procédure. Les autorités sud-africaines indiquent qu’un processus est engagé en ce sens. Toutefois, selon RFI, ses chances d’aboutir restent limitées, notamment en raison de l’absence d’accord formel d’extradition entre les deux pays.
Un autre élément dans ce dossier. Kémi Séba est détenteur d’un passeport diplomatique délivré par le Niger. Le ministre nigérien des Affaires étrangères, Bakary Yaou Sangaré, a précisé que ce document avait été « régulièrement attribué ». Selon lui, les autorités sud-africaines ont sollicité la représentation diplomatique nigérienne à Pretoria afin d’en vérifier l’authenticité. Il a également souligné que la détention actuelle serait, à ce stade, liée au dépassement de la durée de séjour autorisée, ajoutant que Niamey se base « sur les informations officielles » disponibles, tout en restant attentif à l’évolution du dossier.
L’issue de l’audience du 20 avril pourrait redessiner la suite de l’affaire. En cas de remise en liberté, plusieurs options s’ouvriraient à l’activiste : rester en Afrique du Sud ou rejoindre le Niger, dont il détient un passeport diplomatique. À l’inverse, un maintien en détention prolongerait une procédure déjà marquée par l’enchevêtrement d’enjeux juridiques et politiques.
