L'influenceur panafricaniste Stellio Gilles Robert Capo Chichi, plus connu sous le nom de Kemi Seba, a comparu lundi 20 avril 2026 devant la justice à Pretoria. Cette comparution fait suite à son interpellation par la police sud-africaine durant la semaine écoulée. Les autorités lui reprochent un séjour irrégulier sur le territoire national.
Une procédure de demande d'asile politique en cours
L'un des avocats de Kemi Seba a profité de cette audience pour clarifier la stratégie de défense de son client. Selon Maître Sesedi Phooko, une procédure de protection internationale a été engagée. « Pour l'instant, nous ne sommes accusés que d'immigration illégale », a déclaré l'avocat à l'issue de l'audience. « Nous contestons également cette accusation, car nous avons déjà déposé une demande d'asile politique dans ce pays », a-t-il précisé, rapporte l’Agence France presse (AFP) et RFI.
Les circonstances de l'arrestation
L'activiste, suivi par 1,5 million d'abonnés sur les réseaux sociaux, a été interpellé en compagnie de deux autres personnes. Son fils de 18 ans, Khonsou Seba Capo Chichi, de nationalité française, était présent à ses côtés au tribunal.
Un troisième homme a également comparu ce lundi. Il s'agit de François van der Merwe, leader du groupe identitaire afrikaner Bittereinders. Un communiqué de la police sud-africaine indique que François van der Merwe aurait reçu une somme de 250 000 rands, soit environ 13 000 euros. Ce paiement visait, selon les enquêteurs, « pour les aider à traverser le fleuve Limpopo et à se rendre au Zimbabwe ».
Des poursuites judiciaires au Bénin
Cette arrestation en Afrique du Sud intervient alors que Kemi Seba est visé par un mandat d'arrêt dans son pays d'origine, le Bénin. Les autorités béninoises l'accusent d'avoir apporté son soutien à la tentative de coup d'État survenue en décembre 2025.
L'opposant au président Patrice Talon avait qualifié le 7 décembre de « jour de la libération » du Bénin lors de ces événements. Kemi Seba, connu pour ses positions critiques envers la politique française en Afrique, avait déjà été interpellé brièvement au Bénin en 2019 et en 2023.
Le tribunal de Pretoria a décidé de maintenir Kemi Seba en détention. L'examen de sa demande de libération sous caution est fixé au mercredi 29 avril 2026.
