Les six hommes inculpés par le parquet du Nigeria entament leur procédure judiciaire ce mercredi 22 avril. Cette étape fait suite à leur mise en accusation officielle intervenue la veille. La Haute Cour d'Abuja examine les charges pesant sur ce groupe composé d'un général à la retraite, d'un capitaine à la retraite, d'un inspecteur de police et de civils.
Treize chefs d'accusation pour trahison et terrorisme
L'acte d'accusation détaille treize chefs d'inculpation contre les prévenus. La justice retient les motifs de trahison, de terrorisme, de non-divulgation d'information et de blanchiment d'argent. Les documents judiciaires indiquent que les suspects avaient connaissance du projet dirigé par le colonel Mohammed Alhassan Ma'aji. Ce dernier est présenté comme la tête pensante de l'opération.
Les inculpés auraient conspiré pour commettre un acte de terrorisme. Le parquet affirme qu'ils ont « indirectement, mais sciemment » apporté un « soutien » au colonel Ma'aji. L'enquête mentionne également l'implication d'un ancien gouverneur de l'État de Bayelsa. Ce dernier, actuellement en fuite, est soupçonné d'avoir assuré le financement du projet.
Les institutions de la République visées
Le plan des conspirateurs ciblait des points stratégiques et des personnalités de l'État. Les assaillants projetaient d'attaquer et de prendre le contrôle d'Aso Rock, la résidence officielle du chef de l'État. L'objectif consistait à capturer ou tuer le président Bola Tinubu ainsi que le vice-président Kashim Shettima. Le président du Sénat et le président de la Chambre des représentants figuraient aussi sur la liste des cibles.
Le dossier implique une quarantaine de suspects au total. Seize officiers supérieurs en service actif sont déjà aux mains des autorités. Ce groupe comprend quatorze membres de l'armée de terre, un membre de la marine et un membre de l'armée de l'air. Ces militaires d'active pourraient faire l'objet d'une procédure devant une cour martiale.
Les autorités nigérianes ont initialement nié l'existence de cette tentative de déstabilisation. L'armée justifiait les premières arrestations par des « problèmes d'indiscipline ». À la suite de ces événements, le président Bola Tinubu a effectué un remaniement complet de l'état-major de l'armée nigériane.
