La chambre de jugement de la CRIET a suivi les réquisitions du ministère public prononcées lors de l'audience du 17 mars 2026. Le verdict condamne Julien Kandé Kansou à deux (02) ans de prison ferme. Le juge a également ordonné au prévenu de payer une amende de 10 millions de francs CFA.

Julien Kandé Kansou est un militant actif du parti d'opposition Les Démocrates. Il occupe des fonctions au sein de la cellule de communication de cette formation politique. Le prévenu était poursuivi pour des faits de « harcèlement par le biais d’un système électronique » et d'« incitation à la rébellion ».

Les faits reprochés au communicateur de l'opposition

Le dossier judiciaire repose sur des publications effectuées par l'opposant sur les réseaux sociaux. Selon les éléments présentés par le parquet spécial, le prévenu a critiqué un ministre du gouvernement actuel. Le ministère public a précisé que ces critiques visaient l'autorité qui « est premier partout ».

Les griefs du parquet concernent aussi des propos tenus à l'encontre des membres de la Commission électorale nationale autonome (CENA). Le cinquième substitut du procureur spécial a soutenu que ces actes constituaient une incitation à la rébellion et un harcèlement électronique. Le ministère public avait ainsi demandé à la Cour de retenir Julien Kandé Kansou dans les liens de la prévention.

La ligne de défense des avocats

Tout au long de la procédure ouverte le 1er juillet 2025, Julien Kandé Kansou a plaidé non coupable. Ses conseils, Maître Barnabé Gbago et Maître Augustin Aballo, ont sollicité la relaxe de leur client lors de leurs plaidoiries.

La défense a fondé ses arguments sur le cadre législatif régissant l'activité politique au Bénin. Maître Barnabé Gbago a notamment invoqué la loi sur l'opposition. Selon l'avocat, cette loi autorise les opposants à critiquer les actions du gouvernement. La défense a affirmé que les publications de Julien Kandé Kansou s'inscrivaient dans le cadre d'un apport d'idées au débat public national.

L'arrestation de Julien Kandé Kansou remonte au jeudi 5 juin 2025. Six policiers en civil ont procédé à son interpellation à son domicile situé à Cotonou. Après une présentation au parquet spécial de la CRIET le 12 juin 2025, il a été placé en détention provisoire. L'opposant a passé près de onze mois en prison avant l'annonce de ce verdict.