L'affaire Kemi Seba prend une tournure criminelle devant la justice sud-africaine. Ce mercredi 29 avril 2026, lors de sa deuxième comparution devant le tribunal de première instance de Pretoria, Stellio Gilles Robert Capo Chichi alias Kemi Seba a fait face à de lourdes charges présentées par le parquet. Le procureur a officiellement déclaré s'opposer à sa remise en liberté en raison d'allégations de terrorisme.

Des accusations de terrorisme en Europe

Au cœur des débats, le parquet a accusé l'activiste d'avoir planifié des « attaques terroristes » sur le continent européen. Cette révélation du ministère public a provoqué un éclat de rire de la part de l'accusé dans le box, rapporte Jeune Afrique et l’AFP. Selon le parquet, ces soupçons justifient le maintien derrière les barreaux de l'homme de 45 ans, dont le visa sud-africain est arrivé à expiration.

La défense conteste vigoureusement cette présentation des faits. Sinen Mnguni, l'avocat de Kemi Seba, a rapporté ses échanges avec son client à l'issue de l'audience. « J’ai eu l’occasion d’en discuter avec lui et il a nié tout cela », a-t-il déclaré à la presse. Le conseil a ajouté devant les journalistes : « On assiste à une campagne visant à faire croire à quel point cet homme est dangereux ».

Une arrestation issue d'une infiltration policière

Les détails de l'arrestation, survenue mi-avril alors que Kemi Seba tentait de quitter clandestinement le pays, ont été précisés par les dépositions écrites des enquêteurs de la police lors de l'audience. La police a mis en place une opération d'infiltration suite à des informations concernant François van der Merwe, un leader d'un groupe identitaire Afrikaner présent aux côtés de Kemi Seba.

François van der Merwe aurait sollicité des agents de protection rapprochée pour faciliter un passage illégal de la frontière vers le Zimbabwe. Deux policiers sud-africains ont agi sous couverture en se présentant comme des dirigeants d'une société de sécurité. Lors de l'interpellation, les autorités ont saisi la somme de 318 000 rands (environ 16 000 euros), laquelle devait servir au paiement des passeurs.

Liens financiers et demande d'extradition du Bénin

En plus des accusations de terrorisme, la justice examine l'origine des fonds saisis. Le parquet a déposé une demande auprès du Centre de renseignement financier d’Afrique du Sud pour tracer l'argent que François van der Merwe aurait reçu de sources russes. Ce dernier s'était rendu à Moscou en 2024 pour rencontrer une organisation liée à l’oligarque Konstantin Malofeïev.

Parallèlement à la procédure sud-africaine, Kemi Seba fait l'objet d'une demande d'extradition par le Bénin. Les autorités béninoises l'accusent d'avoir apporté son soutien à une tentative de coup d'État contre le président Patrice Talon en décembre 2025.

Son avocat a confirmé que Kemi Seba, désormais détenteur d'un passeport diplomatique nigérien après la perte de sa nationalité française en 2024, a déposé une demande d’asile politique en Afrique du Sud. Il reste en détention provisoire jusqu’à la prochaine audience prévue au lundi 11 mai 2026.