ERRATUM

Note de la rédaction : Une version précédente de cet article, publiée le 02 mai 2026, contenait des informations incomplètes et inexactes concernant la teneur des messages publiés par le prévenu sur les réseaux sociaux. Contrairement à ce qui avait été rapporté initialement sur la base des plaidoiries de la défense, l’intéressé n'est pas uniquement poursuivi pour une opinion relative à l'actualité régionale, mais pour des appels explicites à la déstabilisation institutionnelle dans le contexte du coup d’État déjoué du dimanche 7 décembre 2025 au Bénin. Soucieux de respecter l’exactitude des faits et l’équilibre de l’information, Libre Express a procédé à une mise à jour complète de cet article pour y intégrer les messages réels figurant au dossier judiciaire. Nous présentons nos excuses à nos lecteurs et à l’institution judiciaire pour cette imprécision initiale.

Attention à ce que vous écrivez sur internet au Bénin. Vous pouvez vous retrouver derrière les barreaux pour une publication qui enfreint les lois liées au numérique en vigueur. Un agronome en fait l’amère expérience après un post Facebook. Le prévenu, en détention préventive depuis plusieurs jours, a comparu le jeudi 30 avril 2026 devant la CRIET pour répondre des faits mis à sa charge

Les faits remontent à quelques jours. Le prévenu a publié un message sur sa page Facebook personnelle. Dans ce texte, l’agronome a écrit : « On a vraiment besoin d'un Ibrahim Traoré au Bénin pour ce coup d'Etat ». Cette phrase fait référence au capitaine Ibrahim Traoré, actuel président de la transition au Burkina Faso, parvenu au pouvoir par un coup d'État en octobre 2022.

La publication a provoqué des réactions parmi les internautes. Plusieurs utilisateurs de la plateforme ont alerté le Centre national d'investigations numériques (CNIN) en taguant l'organisme sous le message. Le CNIN est le service de police spécialisé dans la lutte contre la cybercriminalité et les dérives sur internet au Bénin.

Une détention préventive et une comparution devant la CRIET

À la suite de ces signalements, le jeune homme a été interpellé par les autorités. Il a d'abord été placé en garde à vue avant d'être présenté au parquet spécial près de la CRIET. À l'issue de cette présentation, le parquet spécial a ordonné son placement en détention préventive.

Le jeudi 30 avril 2026, l’agronome s'est présenté à la barre pour une nouvelle audience. Les chefs d'accusation retenus contre lui portent sur le harcèlement par voie de communication électronique et l'incitation à la violence.

Douze (12) mois de prison ferme requis 

Lors de l'audience, le quatrième substitut du procureur spécial a pris ses réquisitions. Le représentant du ministère public a demandé à la Cour de retenir le prévenu dans les liens de la prévention des faits de harcèlement par le biais d'un système électronique et d'incitation à la violence.

Il a requis une condamnation à douze (12) mois de prison ferme soit un an de prison ferme. Le procureur a également demandé que le prévenu soit condamné au paiement d'une amende de cinq (05) millions FCFA.

L’avocat du prévenu a pris la parole pour assurer la défense de son client. Le conseil a plaidé la relaxe de l'agronome. La défense a fondé sa demande sur le bénéfice du doute concernant la qualification des faits reprochés.

Après avoir écouté les différentes parties, la Cour a décidé de mettre le dossier en délibéré. Le juge a renvoyé le verdict final au jeudi 25 juin 2026. En attendant cette décision, l’agronome retourne en détention, rapporte l'envoyé spécial de Libre Express.