Le procès de deux policiers et de deux civils s'est poursuivi devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET). Le premier substitut du procureur spécial a réclamé la condamnation du principal policier poursuivi pour abus de fonction. Le magistrat demande à la Cour d'infliger à cet agent une peine de cinq ans d'emprisonnement, dont trois ans ferme, et une amende d’un million FCFA. Le parquet accuse ce fonctionnaire d'avoir perçu la somme de 500 000 FCFA pour remettre en liberté un individu suspecté de cybercriminalité.

Pour la policière poursuivie dans la même affaire, le ministère public a demandé une relaxe pure et simple. Le représentant du parquet a motivé cette demande par le fait que l'agent ignorait l'origine des 50 000 FCFA reçus. Les analyses des échanges téléphoniques ont indiqué son absence de participation à l'accord financier. Le magistrat a également précisé que cette policière venait de commencer sa carrière et occupait un niveau inférieur dans la hiérarchie de commandement.

Peines requises contre les civils et position de la défense

Le ministère public s'est également prononcé sur le sort des deux civils impliqués dans la procédure. Il a demandé à la Cour de les déclarer coupables des faits de détention et d'usage de chanvre indien. Le parquet a requis une peine de vingt-quatre mois d'emprisonnement, dont six mois ferme, ainsi qu'une amende de 500 000 FCFA contre chacun d'eux.

Les avocats de la défense ont pris la parole après les réquisitions du ministère public. Ils ont plaidé la relaxe pure et simple pour l'ensemble de leurs clients. La Cour a mis l'affaire en délibéré et a fixé le verdict au lundi 15 juin 2026, rapporte l'envoyé spécial de Libre Express.

Genèse de l'affaire et déclarations à la barre

Les quatre prévenus se trouvent en détention préventive depuis le 18 février 2026. L'affaire avait été examinée pour la première fois le lundi 2 mars 2026 devant la chambre correctionnelle de la CRIET. Lors de cette première audience, les deux policiers avaient plaidé non coupable. Du côté des civils, l'un avait reconnu la détention et l'usage de produits psychotropes et le second avait nié les faits.

Le présumé cybercriminel, lui-même incarcéré, avait expliqué à la barre les circonstances de son interpellation. Il a déclaré qu'une patrouille de police l'avait arrêté après des soupçons de cybercriminalité.

L'homme a affirmé avoir proposé de l'argent aux agents dès son arrestation pour obtenir sa libération. Les policiers avaient d'abord refusé cette proposition et l'avaient conduit dans les locaux du commissariat d'Akassato.

Un arrangement financier au sein du commissariat

Selon la déposition du suspect, les discussions au commissariat ont abouti à un accord financier d'un montant de 500 000 FCFA. Cette somme a ensuite été partagée entre les agents ayant participé à l'interpellation. Ces faits se sont déroulés sans l'accord et à l'insu du commissaire principal du commissariat d’Akassato.

La policière poursuivie a apporté des précisions sur sa perception des fonds lors de son audition par le juge. Elle a reconnu avoir reçu une enveloppe contenant 50 000 FCFA de la part d'un de ses collègues. Elle a affirmé qu'elle pensait que cet argent représentait une cotisation de tontine, une pratique courante entre les agents de ce poste de police. Elle a conclu sa déposition en déclarant avoir restitué l'intégralité de la somme dès qu'elle a découvert le lien entre cette enveloppe et la libération du suspect.