Lors de l'audience publique du jeudi 30 avril 2026 devant la 2ème section de la chambre correctionnelle de la CRIET, la teneur exacte des messages incriminés n’avait pas été lue à la barre par le président de céans ni par le ministère public. Selon la défense, son client est poursuivi pour une simple opinion.
Il n'en est rien. Des investigations complémentaires menées par notre rédaction permettent de rétablir la vérité factuelle sur les publications réelles de l’intéressé. Selon les éléments du dossier judiciaire, le prévenu n'a pas simplement écrit : « Il nous faut des Ibrahim Traoré au Bénin ». Il a plutôt publié deux messages distincts sur le réseau social Facebook, dont la gravité a immédiatement amené des internautes à alerter en commentaire du post le Centre national d'investigations numériques (CNIN).
Dans un premier post, le prévenu écrit textuellement : « On a vraiment besoin d’un Ibrahim Traoré au Bénin pour ce coup d’Etat ».
Dans une seconde publication, il écrit : « Besoin de sponsors, ça m'énerve déjà. Je veux former mon clan. Nous vaincrons ».
Le contexte sécuritaire du 7 décembre 2025
Ces déclarations virtuelles prennent une résonance particulière aux yeux des autorités policières et judiciaires lorsqu'elles sont placées dans leur contexte temporel. Le Parquet spécial de la CRIET reproche en effet à l'agronome d'avoir diffusé ces messages à la suite du coup d'État déjoué du dimanche 7 décembre 2025 contre le président Patrice Talon.
Pour les enquêteurs et le ministère public, ces publications ne relèvent pas de la liberté d'expression ou d'un commentaire d'actualité politique. L'association des termes « besoin d'un Ibrahim Traoré » avec l'expression « Pour ce coup d'État » a été analysée comme une incitation directe à la violence, une apologie de la déstabilisation institutionnelle et des faits séditieux en période de crise au Bénin
C’est ce qui explique les réquisitions du quatrième substitut du procureur spécial. Ce dernier a demandé à la Cour de retenir le prévenu dans les liens de la prévention des faits reprochés et a requis une peine de 12 mois de prison ferme assortie d'une amende de 5 millions de francs CFA.
Fidèle à sa ligne de rigueur, Libre Express rectifie ainsi les comptes-rendus initiaux induits en erreur par la stratégie unilatérale de la défense, et réaffirme son engagement à fournir une information vérifiée, équilibrée et respectueuse de la vérité des faits judiciaires. Le délibéré de la Cour reste attendu pour le jeudi 25 juin 2026.
