Pour sa troisième comparution depuis son arrestation en Afrique du Sud, Kemi Seba, président de l’ONG Urgences panafricanistes, a de nouveau été entendu par la justice de Pretoria dans le cadre de sa demande de mise en liberté sous caution.
À l’issue de l’audience de ce lundi 11 mai, les juges ont estimé que les conditions n’étaient pas réunies pour rendre leur décision. Le tribunal a donc choisi de reporter le délibéré au 19 mai 2026, prolongeant ainsi sa détention provisoire.
Les raisons du report : un dossier encore jugé complexe
Ce nouveau renvoi s’explique principalement par la nécessité, pour la juridiction, de poursuivre l’analyse des arguments avancés par la défense et le parquet.
D’un côté, la défense insiste sur la situation personnelle de Kemi Seba et sur les risques qu’il dit encourir en cas de renvoi vers le Bénin. De l’autre, l’accusation maintient ses positions, notamment sur les infractions liées au séjour irrégulier et sur des soupçons plus larges évoqués lors des précédentes audiences.
Selon le média local sud-africain IOL, une partie des débats a également porté sur les déclarations du militant, qui affirme désormais craindre pour sa vie en cas de retour dans son pays d’origine.
Une demande d’asile fondée sur des risques allégués en cas de retour au Bénin
Toujours selon IOL, Kemi Seba a fait lire par son avocat une déclaration sous serment dans laquelle il exprime ses inquiétudes :
« J’ai la crainte fondée, non seulement perçue mais réelle, que ma vie soit en danger si je retournais au Bénin sous son administration actuelle », a-t-il déclaré, selon le média sud-africain.
Le militant justifie également son maintien en Afrique du Sud malgré l’expiration de son visa par ces craintes, affirmant avoir engagé une procédure de demande d’asile auprès des autorités sud-africaines. D’après la même source, cette demande aurait été déposée le 28 avril 2026.
Kemi Seba, de son vrai nom Stellio Gilles Robert Capo Chichi, soutient que son dépassement de séjour ne relève pas d’une simple infraction administrative, mais s’inscrit dans une démarche de protection internationale.
Il affirme également que son retour au Bénin représenterait un danger personnel, dans un contexte où les autorités béninoises ont engagé des poursuites à son encontre.
Entre infractions migratoires et mandat d’arrêt, une affaire aux enjeux multiples
Arrêté en avril 2026 à Pretoria avec son fils et un ressortissant sud-africain, Kemi Seba est poursuivi pour des infractions liées aux lois sur l’immigration, notamment le dépassement de la durée de validité de son visa.
Mais l’affaire dépasse largement ce cadre. Le Bénin a émis un mandat d’arrêt international contre lui en lien avec son soutien présumé à une tentative de coup d’État déjouée en décembre 2025.
Les autorités béninoises l’accusent notamment d’apologie de crime et d’incitation à la haine. Une procédure d’extradition est également en cours, selon Mario Metonou, procureur spécial près la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET).
Dans ce contexte, la défense continue de dénoncer une procédure à caractère politique, tandis que les autorités judiciaires sud-africaines poursuivent l’examen du dossier avant la décision attendue le 19 mai 2026.
