Les débats n’ont pas pu avoir lieu ce vendredi 15 mai 2026 lors de l’ouverture du procès des accusés dans l’affaire de la jeune dame torturée au feu à Ekpè. Un peu avant 11 heures, le juge de la Chambre criminelle de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) ont convoqué les parties à la barre.

Les six accusés passent devant le juge. Ils ont pour nom : Sossou Kouassi Mardochée, Agbozo Julien, Amouzou Schadrac, Fego Senan Éric, Koudoyo Alain et Egbe Moïse. Les accusés ont entre 18 ans pour le plus jeune et 47 ans pour le plus âgé. La jeune femme victime qui a fait la une des journaux est également présente dans la salle d'audience. Elle est habillée en bomba.

Trois chefs d'accusation pèsent contre les accusés. Il s'agit des charges de « Viol, de coups et blessures volontaires et d’enregistrement et diffusion d’images liées à la commission d’infractions ». Le juge procède ensuite à leur inculpation. À tour de rôle, tous les six accusés vont plaider non coupable des infractions mises à leur charge. Ils ne se reconnaissent pas dans les charges retenues par le parquet spécial de la CRIET.

Très vite, les débats vont se tourner sur le fait que le procès se déroule en audience publique ou qu'il soit pris à huis clos. Me Saïzonou Bédié, avocate de l’Institut national de la femme (INF) constituée pour la victime insiste pour que le procès se déroule en cabinet, c'est-à-dire à huis clos.

L’avocate précise que sa demande vise à préserver des pans de vie de la victime. La partie civile fait également une autre demande à la chambre criminelle, elle souhaite que l’audience soit renvoyée afin qu'elle puisse prendre connaissance du dossier et pour le certificat médical de la victime.

Le ministère public représenté par le premier substitut du procureur spécial près la CRIET s’est opposé à ce que le procès se déroule à huis clos. Il a déclaré que les faits dans le dossier sont déjà connus de l’opinion publique et que pour « le contrat social » établi, l’audience dans le dossier devrait être publique.

D'autres avocats tels que Me Renaud Agbodjo, Me Victorin Fadé se sont constitués pour défendre la victime. Les débats de ce vendredi 15 mai ont tourné sur le huis clos ou non du procès. « Même s'il faut louer le Palais des congrès, le procès doit être public », a déclaré Me Victorin Fadé.

Des avocats se sont également constitués pour défendre les six accusés. Il s'agit de Me Hugo Koukpolou et Me Rodrigue Gnansounou. L'avocat Hugo Koukpolou a demandé à la Cour de préserver les droits de la défense. Me Rodrigue Gnansounou s'est opposé au renvoi de l'audience de ce vendredi 15 mai 2026 et a souhaité l'ouverture des débats, rapporte l'envoyé spécial de Libre Express.

Le juge de la chambre criminelle a confirmé le mandat de dépôt des accusés et a renvoyé le dossier au vendredi 05 juin 2026 pour permettre aux avocats de la partie pour prendre connaissance du dossier, rapporte l'envoyé spécial de Libre Express.

Les faits

Tout a commencé le jeudi 23 avril 2026, avec la propagation virale d’une vidéo d’une violence inouïe sur les réseaux sociaux. On y voit une jeune femme, ligotée et suspendue à Èkpè, subir des actes de torture par le feu.

Face au tollé général provoqué par ces images, la Police républicaine a promptement réagi en ouvrant une enquête. Cette enquête a mené à l'interpellation de plusieurs suspects, impliqués tant dans les sévices que dans la diffusion de la vidéo. La victime, actuellement sous soins médicaux, a confirmé l'atrocité des faits, évoquant des brûlures graves et des traitem

ents humiliants.